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Quand l’art et la mode s’allient

La boutique Marithé et François Girbaud de SoHo au sud de Manhattan, ouverte en 2002, organise une exposition qui reprend les tendances de ses vêtements.

Les visiteurs commencent à affluer dans la boutique des créateurs français, pendant que d’autres découvrent et commentent la nouvelle collection ou sirotent à la paille une petite bouteille de champagne, entrainés par la musique d’un DJ. Comme c’est le cas tous les trois ou quatre mois, un événement « Construkt », le cinquième, qui associe une exposition à la collection de vêtements Marithé et François Girbaud, anime le magasin.

Cette fois, le carton est à l’honneur avec la collection homme, ses cols en carton et ses matières rigides. C’est l’architecte belge Jeroen de Schijver qui a crée des œuvres en découpant au laser du carton et à l’eau du marbre. Pourquoi le mélange entre carton et marbre ? Pour le contraste entre des matières “pauvre” et “riche” qui évoquent l’esprit “urban clochard”. Mais aussi pour le lien entre le carton du sans-abri dans la rue et du carton plus sophistiqué dans les vêtements. La collection de l’artiste reflète la technologie de Marithé et Francois Girbaud “Non Surgical Face Lift”, où plusieurs couches de tissu sont superposées sans couture.

Sébastien Agneessens, le curateur de l’exposition, a mis en place le concept de “Construkt”. Pour l’instant, les événements ont lieu seulement dans la boutique de Manhattan parce que “le monde du design est centré à New York” et que la boutique, très au sud de la ville, a besoin de faire parler d’elle. Les œuvres sont ensuite déplacées dans d’autres boutiques à travers le monde et le but à terme est de réunir les œuvres de toutes les expositions dans une même galerie.
François Girbaud présente avec fierté l’union entre l’art “mystérieux” et les vêtements qui règne dans sa boutique. Une initiative qui n’aurait pas été possible à Paris où il y a une “barrière entre l’art et les fringues”. Puis, le créateur se lance dans un discours sur l’état de la mode aujourd’hui. À l’heure où l’on met en garde (très légèrement) sur la maigreur des top modèles – même si la publicité choc du photographe italien Oliviero Toscani en faveur d’une marque de vêtements et représentant une jeune femme anorexique vient d’être interdite en Italie – il critique violemment ces “filles qui marchent comme des chevaux”. Pour le designer, “la mode a pris une mauvaise tournure, elle vit dans un vieux système” où l’on parle encore de saison alors que “tout le monde est habillé en noir, regardez autour de nous” s’exclame-t-il, lui-même entièrement vêtu de noir. Après la mort du célèbre couturier italien Gianfranco Ferré en juin dernier et le départ à la retraite de Valentino en septembre, il espère que la tendance va changer.

La marque Marithé et François Girbaud n’est pas seulement associée à l’art. Elle parraine l’association “Seeds of Peace” (“graines de paix”) qui tente de rapprocher des enfants venant de différentes régions de conflit du monde. “Aujourd’hui, gagner de l’argent et devenir gros ne m’intéresse pas”, confie François Girbaud.

Boutique à Soho : 47 Wooster Street (entre Broome et Grand Street)
www.girbaud.com

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