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Quand le saxophone s’invite dans la musique classique

Le 5 novembre à Saint Peter’s Lutheran Church, le saxophoniste Javier Oviedo et la New York Chamber Virtuosi seront dirigés par le chef d’orchestre français Jean-Pierre Schmitt pour un concert  dans le cadre du  « Classical Saxophone Project ».
Les deux hommes ont imaginé le « Classical Saxophone Project » en 2006 afin de faire découvrir un volet méconnu de la musique classique. Différents morceaux, certains centenaires et d’autres écrits pour l’occasion par des compositeurs contemporains, seront présentés au public.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette collaboration avec Javier Oviedo ?

Je suis directeur de la French American school of Music et en 2006 l’idée m’est venue de créer une classe de saxophone. Un de mes professeurs m’a alors parlé du saxophoniste Javier Oviedo. Lors de notre première discussion, Javier m’a prévenu qu’il ne jouait pas de jazz, mais qu’il était un saxophoniste classique. En tant que chef d’orchestre français, cela m’a intrigué, je connaissais assez peu le répertoire du saxophone à part le Rapsodie de Debussy.
En discutant avec Javier, nous avons découvert que ce Rapsodie avait été commandité par une dame de la haute société bostonienne du XIXe siècle, Mrs Hall. Cette dame, qui apprenait le saxophone, était partie à la rencontre des musiciens français célèbres de son époque et leur avait demandé d’écrire des pièces pour saxophone. Depuis, cette musique a été oubliée.
Javier et moi sommes donc allés à la Bibliothèque Nationale de France, pensant trouver quelques trésors là-bas. Nous avons découvert que beaucoup de manuscrits se trouvaient en fait aux États-Unis, à Boston. Nous avons donc mis au  jour tous ces manuscrits, qui avaient le point commun d’être tous français, ce qui était d’autant plus intéressant pour moi.
Nous avons contacté l’orchestre Pasdeloup à Paris et avons enregistré notre premier CD avec lui, en 2006. La New York Foundation of the Arts a ensuite accepté de nous subventionner, ce qui nous permet de donner des concerts plus facilement.

Comme vous le disiez, le saxophone est un instrument peu connu dans la musique classique, et plutôt associé au jazz. N’était-ce pas un pari risqué de se lancer dans cette aventure ?

Bien sûr ! Tout pari est risqué ! Mais j’avais en tête l’idée de pouvoir faire quelque chose de nouveau avec des pièces qui ont cent ans. L’idée était de générer l’intérêt des musiciens, et de découvrir un répertoire qui avait été complètement oublié. Nous sommes d’ailleurs pour ainsi dire les seuls à nous être intéressés à ces manuscrits. A cela se sont ajoutées des pièces écrites par des compositeurs vivants, pour le concert du 5 novembre.

Les spécialistes ont apprécié cette initiative…

Oui, oui ! En tant que chef d’orchestre, j’ai la chance d’avoir un soliste extraordinaire. La presse a beaucoup apprécié le ton de Javier, la tonalité de son son qui n’a absolument rien à voir avec le son jazz. C’est tout à fait différent. C’est ce qui fait la qualité de musicien de Javier, ce ton chaud.

Et comment les concerts ont-t-ils été accueillis par le public ?

Le public a beaucoup aimé. Nous avons déjà fait plusieurs concerts et le public adore faire partie de cette petite aventure.  C’est un pari… C’est toujours un pari d’ailleurs. En tant que musicien, c’est très excitant.

D’une façon plus générale, New York est-elle une scène active au niveau de la musique classique ?

A New York, il faut avoir des idées, être persévérant… puis la ville offre des possibilités.

Pour les néophytes, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste précisément le travail d’un chef d’orchestre ?

Je crois que quand vous assistez à un concert, le travail du chef d’orchestre est fait. Tout le travail passe avant, dans la préparation. Selon moi, la meilleure définition d’un chef d’orchestre – c’est aussi la philosophie de Jean Fournet [grand chef d’orchestre français, ndlr] et de cette grande génération de chef d’orchestre qui nous ont précédés – c’est l’homme qui, quelle que soit la taille de l’orchestre, essaye de tirer le meilleur de ses musiciens, pour satisfaire son idée de la création et sa vision de l’œuvre. Outre les qualités de musiciens, ce travail demande des qualités psychologiques. Il faut vite comprendre comment les musiciens réagissent. Comme tout artiste, ils ont un égo et c’est intéressant et important de comprendre la dynamique du groupe. Toute la partie passionnante se fait pendant les répétitions, dans le travail de détail, dans le contact humain.

http://www.saintpeters.org/

facebook : The-Classical-Saxophone-Project

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