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Quand les Américains critiquaient la rivalité Villepin-Sarkozy sur la gestion de la crise des banlieues

Les Américains jugeaient en 2005 que Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin avaient tenté d'”utiliser” les émeutes en banlieues pour en tirer “un avantage politique personnel” en vue de la présidentielle de 2007, selon un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks.

“Avec l’oeil sur l’élection présidentielle de 2007, le Premier ministre, Dominique de Villepin, et le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, ont initialement essayé d’utiliser les troubles à des fins d’avantage politique individuel”, selon cette note rédigée le 9 novembre 2005, treize jours après le début des violences. “Ce n’est que tardivement que Villepin et Sarkozy ont fait abstraction de leurs différends pour présenter un front uni”, selon le texte qui pointe aussi un “silence inhabituel” de Jacques Chirac et une classe politique “éloignée des vies et des expériences des gens ordinaires”. Pour les diplomates américains, “le gouvernement français n’a pas fait un bon travail pour gérer la situation”. La note relève que les violences n’ont “pas de tonalité religieuse” et qu’aucun “groupe religieux musulman n’a cherché à tirer avantage de la situation” même si “une grande partie des fauteurs de troubles viennent de milieux musulmans”. “Les représentants de la communauté ont vraiment activement cherché à calmer le désordre”, observait le document intitulé “le modèle d’intégration français part-il en fumée ?”.

Dans le feu des émeutes, la note pariait que “si les problèmes de fond ne sont pas réglés, la violence nocturne continuera juste au-dessous de la surface, avec des poussées de fièvre récurrentes”. “Les responsables politiques de toutes tendances sont d’accord sur le fait que la France doit faire plus pour intégrer ses immigrés les plus récents, mais être d’accord ce n’est pas faire”, analysait le document. “Le vrai problème, c’est l’échec de la France blanche et chrétienne à considérer leurs compatriotes plus bruns et musulmans comme de vrais citoyens”, analysait l’ambassade. “Cela va être un défi de changer les attitudes profondément installées à l’encontre des immigrés qui ne sont pas blancs” mais ne rien faire reviendrait à remettre en question “une amélioration du bien-être et des perspectives de classes populaires musulmanes avant qu’elle ne se radicalisent politiquement”, selon l’ambassade américaine.

 

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