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Québec : la mort s’invite à la fête de la victoire indépendantiste (vidéo)

La foule ne cesse de clamer “Pauline, Pauline”, interrompant la nouvelle Première ministre. Les drapeaux québécois s’agitent frénétiquement. La fête indépendantiste bat son plein. Soudain, Pauline Marois est évacuée. Un homme a été tué à quelques mètres de là.

Il est environ minuit. La chef de file du Parti Québécois (PQ) se trouve sur l’estrade d’une salle de concert branchée de Montréal, célébrant la victoire électorale de sa formation. Certaines personnes ont les larmes aux yeux: les “souverainistes” reviennent à la tête de la province francophone, après neuf ans d’absence. Quand tout à coup deux hommes en costume noir, des agents de la Sûreté du Québec, la police provinciale, sautent sur la scène de la salle de concert Métropolis, attrapent Pauline Marois par les bras et la conduisent dans les coulisses.

Stupeur dans la salle. La foule hésite. “Qu’est-ce que c’est?”, lance-t-on à son voisin. “Aucune idée.” Les journalistes s’agitent. Les présentateurs des chaînes de télévision filent devant leurs caméras pour reprendre le direct. Des photographes cherchent à ouvrir les sorties de secours: une fumée épaisse blanche s’élève de la ruelle adjacente. Des policiers courent, armes au poing: “Ferme ça”, crie une agente.

L’incompréhension est totale. Une rumeur folle commence alors à se propager dans la salle… Un responsable du Parti Québécois tend son portable: un texto annonce qu’un homme a tiré des coups de feu et tenté de mettre le feu à la salle. “Ca a fait bang! Bang!”, raconte Claude Dubois, un Montréalais d’une soixantaine d’années. “J’étais à l’étage, quelqu’un qui n’avait pas pu entrer a tiré de dehors”, dit-il, le regard perdu.

A l’extérieur, les troupes d’élite de la police de Montréal se déploient en grand nombre au milieu d’imposants camions de pompiers et de quelques étudiants venus rappeler à Mme Marois sa promesse d’abolir la forte hausse des frais de scolarité décrétée par le gouvernement sortant. La nouvelle Première ministre revient sur scène, convie la foule à quitter calmement la salle. Avant de se reprendre quelques secondes plus tard: “Attendez!”, lance-t-elle à ses partisans, avant de conclure son discours.

Mais la fête est bel et bien gâchée. “Je suis sûr qu’on a voulu la tuer car c’est une femme. Il y en a qui ne sont pas encore prêts pour ça”, juge Maryse Chaussée, 22 ans, en évacuant la salle. Thomas Gerbet, un journaliste de Radio-Canada, a assisté à l’arrestation, dans la ruelle à l’arrière du Métropolis. Un homme aux propos confus a été plaqué à terre. “Il portait une cagoule noire très fine. Il y avait un long fusil à terre.”

La police a plus tard indiqué que les tirs de l’agresseur présumé avaient fait un mort, décédé sur place, et un blessé qui est dans un état grave. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, avait pénétré dans “le vestibule arrière” du Métropolis avant de sortir et de tenter de mettre le feu à une porte, ont précisé les policiers, disant avoir retrouvé “plus d’une arme”.

Plusieurs journalistes présents racontent avoir entendu le suspect lancer en français avec un fort accent anglais: “Les Anglais se réveillent”. Avant de dire en anglais: On va vous rendre la monnaie de la pièce”. La dirigeante indépendantiste venait de déclarer: “l’avenir du Québec, c’est de devenir un pays souverain.”

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