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Quelques mots sur Thanksgiving…

Traditionnellement associé aux États-Unis, le quatrième jeudi de novembre donne lieu à une des fêtes les plus célébrées sur le continent Nord-Américain. Retour sur l’histoire de Thanksgiving.

« Ni dinde, ni tarte au potiron », affirment les historiens lorsqu’ils évoquent la première célébration de Thanksgiving. La tradition centenaire qui unit les familles autour de l’incontournable dinde farcie accompagnée de sa purée de patates douces et de ses épis de maïs grillés, a bien changé depuis le XVIIe siècle. Elle commence à l’automne 1621 avec l’arrivée des « Pilgrims », ces pèlerins puritains débarqués sur le nouveau continent l’année précédente.

L’histoire raconte qu’une centaine de protestants particulièrement dévots fut chassée de Grande Bretagne par la communauté anglicane et fuit de l’autre côté de l’Atlantique à bord du Mayflower. Les « Pilgrims » touchent terre en décembre 1620 et arrivent dans les environs de Plymouth, Massachussetts. Un hiver difficile et le manque de connaissances agricoles des pèlerins ont des conséquences dramatiques sur cette petite colonie. Plus de la moitié d’entre eux ne survivent pas à cette épreuve. Le résultat aurait pu être plus dramatique encore si un natif américain du nom Squanto n’était pas venu en aide à ces Européens. Selon les mémoires de Ferdinando Gorges, Squanto, déporté en Angleterre en 1608 pour travailler quelques années au service des Britanniques, n’aurait pas gardé rancœur de ses années de captivité et aurait mis sa maîtrise de l’anglais et sa connaissance de la nature à profit des protestants. Squanto et les membres de sa tribu Wampanoag enseignent patiemment aux pèlerins comment pêcher, cultiver, chasser. Pour fêter cette union et une récolte abondante, les « Pilgrims » décident d’organiser un festin, à l’automne 1621, et d’inviter les Indiens à célébrer cette réussite. Cependant, l’entente entre les Anglais et les Amérindiens est de courte durée. En 1676, après la mort du chef Massasoit garant de la paix, les « Pilgrims » voulurent désarmer la tribu. Ils firent face à un refus qui se solda par le massacre des indiens salvateurs. En quelques années, cette fête devint un remerciement plus général à Dieu.

La coutume survécut. Inégalement, à travers les années et les territoires. Ce n’est qu’avec la guerre d’indépendance et le besoin de ressouder l’identité nationale que la tradition reprend. Le 26 novembre 1789 est officiellement proclamé « jour de fête nationale » par le président George Washington, sans qu’il lui donne pourtant l’appellation de « Thanksgiving ». Ce nom si familier, les Américains le doivent à New York, un des États qui décide de célébrer cet événement. Si la fête est aujourd’hui de rigueur dans tous les États-Unis, c’est sans nul doute grâce au travail d’une journaliste, Sarah Josepha Hale qui s’est battue pour faire reconnaitre cette réjouissance.

Jusqu’en 1939, Thanksgiving avait lieu le dernier jeudi du mois, avant d’être avancé d’une semaine par le président Roosevelt pour des raisons commerciales. Car cette fête, à l’origine historique et religieuse, est aussi synonyme de « Black Friday », qui marque l’ouverture du premier jour de shopping de Noël. Prétexte à des soldes incroyables, le quatrième vendredi du mois de novembre est devenu tout aussi célèbre que le repas familial. Avec les boutiques qui ouvrent dès cinq heures du matin, Thanksgiving fait aussi figure de fête incontournable pour les commerces… et les compagnies pétrolières ! Selon les prévisions des média américains, 38,7 millions de personnes se retrouveront sur les routes cette année pour parcourir en moyenne 80 kilomètres. Plus qu’une dinde, Thanksgiving représente le plus fort taux de déplacement pour les américains.

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