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Radio France condamné pour avoir licencié l’humoriste Stéphane Guillon

Le groupe public Radio France a été condamné vendredi par le conseil des prud’hommes de Paris pour avoir licencié en juin dernier l’humoriste Stéphane Guillon “sans causes réelles ni sérieuses”, à l’issue de plusieurs mois de polémique.

Selon l’avocat de l’humoriste, Me Olivier Schnerb, le conseil des prud’hommes “a fait droit de l’intégralité des demandes de Stéphane Guillon en lui accordant 212.000 euros de dommages et intérêts”. Aussitôt, Stéphane Guillon s’est déclaré “ravi” en tant que salarié, mais “scandalisé” en tant que contribuable “qu’une société d’Etat ait préféré perdre autant d’argent et d’auditeurs pour faire taire un humoriste”.

Pour Me Schnerb, “les prud’hommes ont considéré que ce licenciement était sans causes réelles ni sérieuses et que les conditions du contrat auraient dû nécessiter qu’une faute soit évoquée, ce que l’employeur s’est bien gardé de faire”. “Il s’agit d’une sanction à la dimension du préjudice subi par un humoriste qui s’est vu sans préavis notifier son congé, comme au temps des lettres de cachet”, a estimé l’avocat.

A Radio France, on dit rester “dans l’attente de la notification du jugement”. “Ce n’est que lorsque la société disposera du jugement qu’elle sera à même de prendre position et examinera l’opportunité d’un appel”, a précisé la direction du groupe public dans un communiqué.

Fin juin, le patron de Radio France, Jean-Luc Hees, avait annoncé le licenciement de Stéphane Guillon qui tenait une chronique dans la matinale de France Inter, jugeant que “l’humour ne devait pas être confisqué par de petits tyrans”. “J’ai eu de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques. Si l’humour se résume à l’insulte, je ne peux le tolérer pour les autres, mais également pour moi”, avait dit à l’époque Jean-Luc Hees, ajoutant avoir “un certain sens de l’honneur” et ne pouvoir accepter qu’on lui “crache dessus en direct”.

L’humoriste continue de brocarder son ancien employeur

Au fil des mois, l’humoriste avait été au coeur de plusieurs polémiques après avoir égratigné diverses personnalités politiques, sans ménager non plus son employeur. L’une de ses chroniques sur Eric Besson, attaquant le physique du ministre de l’Immigration d’alors, avait même conduit le patron de Radio France à présenter au ministre les “excuses du groupe public”. Stéphane Guillon avait également suscité la colère du directeur du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, après un billet au vitriol et s’était moqué du physique de Martine Aubry, deux faits d’arme qui avaient déplu au président Nicolas Sarkozy.

Actuellement à l’affiche du Théâtre de Paris avec son spectacle ‘Liberté (très) surveillée’, l’humoriste continue de brocarder son ancien employeur. “Au début, ça les amusait mes chroniques, jusqu’à la consécration avec Sarkozy qui a trouvé que mon travail était inadmissible. Un président de la République qui attaque un humoriste, je n’y ai pas cru. Comme s’il n’avait pas d’autres priorités : la fosse septique du Cap Nègre par exemple”, s’amuse-t-il dans son spectacle.

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