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Raj Rajaratnam, fondateur de Galleon est coupable de délit d’initié

Le fondateur du fonds d’investissement américain Galleon, Raj Rajaratnam, accusé de délits d’initié ayant rapporté plus de 45 millions de dollars, a été reconnu coupable mercredi par un jury populaire, au terme d’un long procès organisé à New York.

M. Rajaratnam, un milliardaire d’origine sri-lankaise âgé de 53 ans, était accusé d’avoir piloté des transactions illégales, sur la base de fuites d’informations confidentielles sur des sociétés cotées, un stratagème qui a rapporté “environ 45 millions de dollars” entre 2003 et 2009.

Il s’agit d’une victoire importante pour les autorités fédérales pour qui cette affaire représentait le plus gros délit d’initié dans l’histoire de Wall Street. Selon le “Wall Street Journal”, Raj Rajaratnam risque jusqu’à 20 ans de prison pour chacun des 14 chefs d’accusation et plus de 100 millions de dollars d’amende.

Le juge Richard Holwell chargé du dossier l’a laissé en liberté sous caution, en attendant le prononcé de sa peine le 29 juillet. Il encourt jusqu’à 205 ans de prison si le juge décide de ne pas confondre les peines.

Son avocat John Dowd a indiqué qu’il ferait appel.

M. Rajaratnam, un milliardaire d’origine sri-lankaise âgé de 53 ans, était accusé d’avoir piloté des transactions illégales, sur la base de fuites d’informations confidentielles sur des sociétés cotées, un stratagème qui a rapporté “environ 45 millions de dollars” entre 2003 et 2009, sans compter des dizaines de millions de dollars supplémentaires en pertes évitées.

Seul accusé dans ce procès qui a vu défiler une pléiade d’hommes d’affaires reconnus, M. Rajaratnam n’avait pas été appelé à la barre par les avocats défendant son dossier.

Le procès s’était ouvert le 8 mars dernier, et les jurés ont mis 12 jours à parvenir à une décision.

L’accusation avait bâti son dossier sur de nombreux enregistrements de conversations téléphoniques. “La preuve la plus puissante de la culpabilité du prévenu est sa propre voix”, avait souligné le procureur adjoint Reed Brodsky lors de sa plaidoirie finale.

Mais selon des analystes, ce recours intensif aux écoutes pourrait former la base du recours en appel préparé par la défense.

L’accusation avait également fait témoigner plusieurs personnes ayant déjà plaidé coupable dans ce dossier.

La défense de son côté avait tenté de faire valoir que M. Rajaratnam avait décidé de ses opérations de marché sur la base d’informations publiques ou obtenues de façon légitime.

“La démonstration de l’accusation réside dans la fiction selon laquelle les négociations entre sociétés ne sont jamais rendues publiques avant le communiqué final des entreprises”, avait déclaré M. Dowd, mais “ce n’est pas ainsi que les choses se passent dans la vraie vie”.

A l’énoncé du verdict, l’accusation a demandé en vain à ce que M. Rajaratnam soit immédiatement envoyé en prison, notant que s’il trouvait refuge dans son pays natal, il pourrait ne jamais revenir. “Depuis 22 ans qu’il y a un traité d’extradition, pas un seul Sri-Lankais n’a été extradé” aux Etats-Unis, a souligné un des procureurs.

Mais la défense a assuré qu’il n’y avait pas de risque: “95% de ses biens sont dans ce pays”.

Le procureur fédéral de Manhattan, Preet Bharara, qui avait voulu faire de cette affaire un exemple, a relevé que “Rajaratnam figurait parmi les meilleurs et les plus brillants, il était l’un des professionnels ayant fait le plus d’études, ayant obtenu les plus grands succès, l’un des plus privilégiés du pays. Mais comme tant d’autres ces derniers temps, il a laissé l’appât du gain et la corruption le mener à sa perte”, a-t-il conclu.

Prenant parfois l’allure d’une réunion du Who’s Who de la finance américaine, le procès avait notamment vu témoigner Lloyd Blankfein, le PDG de la prestigieuse banque d’affaires Goldman Sachs, dont les actions avaient fait l’objet de transactions suspectes.

M. Blankfein avait expliqué qu’un ancien administrateur de Goldman Sachs, Rajat Gupta, lui-même ancien patron du prestigieux cabinet de conseil McKinsey, avait enfreint un code de confidentialité en discutant avec M. Rajaratnam de la situation de la banque.

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