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Raquel Bitton chante Tino Rossi à San Francisco

C’est avec l’œil brillant et la voix passionnée que Raquel Bitton évoque son huitième album “Rhythm of the Heart”, qui sort le 16 avril aux Etats-Unis. A cette occasion, elle donnera un concert au Yoshi’s San Francisco le 19 avril, entourée de tous ses musiciens.

France-Amérique : Dans ce nouvel album, vous interprétez des chansons du répertoire de Tino Rossi. Pourquoi lui ?

Raquel Bitton : C’est lui qui m’a choisie. En fait Tino Rossi m’a accompagnée toute mon enfance au Maroc. Mon père, qui était un homme très élégant et distingué, adorait Tino Rossi. Il sifflait tout le temps ses airs et aimait à dire de lui : “Les femmes voulaient être avec lui et les hommes voulaient être lui”. Tino Rossi est aussi le témoin de l’amour romantique de mes parents. C’est un hommage multiple. Mais je l’ai sifflé avant même de le chanter. En outre, j’aime les challenges et je sais que les femmes s’attaquent rarement au répertoire d’un homme.

Comment avez-vous choisi les chansons  de l’album ?

Je consacre énormément de temps à la recherche. J’ai gardé les 78 tours de mon père, j’ai passé des mois à les écouter. Il faut dire que Tino Rossi a enregistré 1 200 chansons alors c’est un répertoire incroyable, dont on est loin de connaître toute l’ampleur. Avant de faire mes choix définitifs, je fais mon historienne, j’aime savoir pourquoi une chanson a été créée, quelle est son histoire, son parcours. C’est très important pour moi. Je fouille comme dans une malle aux trésors. Il a fallu que je n’en retienne que douze.

Comment réinterprète-t-on Tino Rossi de nos jours ?

Un autre challenge ! En effet, l’idée était de savoir : qu’aurait fait Tino Rossi de nos jours ? Je l’ai voulu moderne. J’ai voulu allier le romantisme méditerranéen aux rythmes afro-cubains. J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec les meilleurs musiciens. Dans l’orchestre, il y a parmi les plus grands talents de musiques latines, mais aussi des membres de l’orchestre symphonique de San Francisco. Violons, percussions et bandoneon argentin se marient au gré des chansons. J’ai été incroyablement flattée et heureuse d’avoir été choisie par Sony Amérique Latine en premier lieu, car c’était d’emblée une belle et vraie reconnaissance de ce travail musical minutieux et exigeant. Je reviens du Mexique où “Rhythm of the Heart” vient de prendre son envol.

Vos musiciens seront-ils tous présents au Yoshi’s San Francisco pour le concert de lancement du disque ?

Oui ! Et ce n’est pas une mince affaire que de les réunir car ils viennent de partout et sont très sollicités. Mais la musique compte plus que tout pour moi, j’ai passé un temps phénoménal à l’orchestration, c’est la plus grosse partie de la production. Je voulais de la grandeur. Mon co-producteur, Rafa Sardina, compte onze Grammy Awards, il a travaillé avec des artistes comme Stevie Wonder ou encore Shakira, Beyonce, Luis Miguel, Paco de Lucia, entre autres. Je suis sur scène avec des gens incroyables comme le pianiste et compositeur Otmaro Ruiz, la pianiste Rebeca Mauleon qui a travaillé avec Carlos Santana, le bassiste Carlos del Puerto qui a grandi au son de la musique de son père membre du Buena Vista Social Club, ou encore le guitariste Ramon Stagnaro.

On est loin de l’univers d’Edith Piaf. Est-ce une page qui se tourne ?

Oui et non. Oui, car je passe ostensiblement du noir à la couleur, de la chanson parisienne aux rythmes latins chaleureux. Mais c’est aussi grâce à la rigueur que m’a demandé mon travail sur Edith Piaf toutes ces années, que je me suis sentie capable d’aborder le répertoire de Tino Rossi. Je ne fais rien par accident. Edith Piaf a été pour moi une école incroyable de rigueur et d’exigence qui ne quittera jamais mon parcours. D’ailleurs je ne la quitte pas, comment le pourrais-je ? Je vis avec elle depuis si longtemps. Je vais continuer de chanter son répertoire. Mais il est vrai qu’avec ce nouveau disque, j’ouvre une nouvelle page, très colorée. J’entre aussi dans un nouveau monde, celui de la World Music.

Toutes les informations sur le site de Raquel Bitton et sur celui de Yoshi’s San Francisco.

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