Subscribe

Remaniement : Nicolas Sarkozy maintient sa confiance à François Fillon

En maintenant sa confiance à François Fillon, Nicolas Sarkozy a définitivement écarté le scénario d’un “tournant social”, réclamé par l’aile centriste de sa majorité, et signifié sa volonté de poursuivre la même politique jusqu’à la présidentielle de 2012.

Non content d’avoir triomphé de Jean-Louis Borloo dans la course à Matignon, le Premier ministre a également imposé sa ligne politique. Sitôt confirmé dans ses fonctions, il s’est empressé dimanche matin de faire savoir qu’il ne serait pas l’homme du changement de cap. “Après trois années et demi de réformes courageuses, conduites malgré une sévère crise économique et financière mondiale, je m’engage (…) dans une nouvelle étape qui doit permettre à notre pays de renforcer la croissance de son économie au service de l’emploi, de promouvoir les solidarités et d’assurer la sécurité de tous les Français”, a-t-il résumé dans un communiqué.
Exit donc le fameux “tournant” ou “virage” social défendu par toute une partie de la majorité et incarné par le centriste Jean-Louis Borloo.

Pendant des semaines, ses partisans ont défendu un changement de politique. En substance, il faut se rabibocher avec les syndicats après l’épisode douloureux de la réforme des retraites et avec les Français, qui considèrent toujours Nicolas Sarkozy comme le “président des riches”. Et rassurer la droite sortie mal à l’aise du discours ultra-sécuritaire de Grenoble.v

Sur cette ligne, l’ex-ministre de l’Ecologie a bénéficié du soutien des centristes et de membres éminents de l’entourage présidentiel, à commencer par le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, qui a vanté les mérites de cet “orfèvre en matière sociale”. “Avec Jean-Louis Borloo, on pourrait afficher le souhait de recoudre notre tissu social”, a encore plaidé samedi l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, “je crains le statu quo, il faut une rupture à caractère social”.

A l’inverse, François Fillon a défendu bec et ongles le scénario de la persévérance. “Je crois à la continuité de notre politique réformiste parce que l’on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l’action et parce que le redressement de la France réclame de la durée”, a-t-il lancé il y a dix jours en faisant acte de candidature à un nouveau “mandat” à Matignon.

Ecartelé entre ces deux tendances et sa volonté d’imprimer un “nouvel élan” à son mandat, Nicolas Sarkozy, toujours au plus bas dans les sondages, a tranché il y a quelques semaines déjà. Après avoir envisagé une “pause” à l’automne 2011, le président a fait savoir le mois dernier qu’il continuerait les réformes “jusqu’à la dernière minute” et s’est agacé en petit comité des appels au virage social. Une “maladresse”, a-t-il dit en rappelant que les retraites et l’emploi étaient “du social” et qu’il continuerait sur cette voie.

Ses chantiers d’ici 2012 sont déjà largement connus. La dépendance, la fiscalité, avec la suppression probable du bouclier fiscal, et la justice avec l’introduction de jurés populaires à l’échelon correctionnel.

Mais dans son propre camp, nombreux sont déjà ceux qui doutent de la capacité de cette politique à assurer une réélection du chef de l’Etat.”Si l’on ne parvient pas à créer une nouvelle donne politique durant l’acte II du quinquennat, il n’y a aucune chance que le résultat de 2012 soit meilleur”, s’inquiétait samedi Jean-Pierre Raffarin en rappelant les claques subies par la droite aux municipales de 2008 et aux régionales de 2010.
“Les contraintes de la rigueur ne laissent pas d’autre choix à Nicolas Sarkozy que de faire de l’habillage jusqu’en 2012”, constate, amer, un cadre de l’UMP, “je ne pense pas que ça suffise à assurer sa réélection”.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related