Subscribe

Rencontre Hollande/Poutine jeudi à Moscou, pour tenter un rapprochement

François Hollande sera jeudi à Moscou pour une visite de 24 heures, la première du président français en Russie depuis son élection et l’occasion de tenter de nouer une relation plus personnelle sinon plus chaleureuse avec Vladimir Poutine, qu’il retrouvera en tête-à-tête au Kremlin.

A l’issue de leur premier entretien, le 1er juin à l’Elysée, Vladimir Poutine avait parlé d’une “relation sincère” et d’un “très bon contact pragmatique”. Mais les deux hommes, côte-à-côte devant la presse, n’avaient échangé que de rares regards, affichant leurs profondes divergences sur le dossier syrien. “La première impression est toujours la bonne”, avait lâché le président français, sibyllin, à la toute fin de la conférence de presse avant d’échanger une poignée de main furtive avec son homologue russe et de le raccompagner.

Nicolas Sarkozy entretenait une relation “virile” avec Vladimir Poutine mais les deux hommes, après s’être jaugés, avaient appris à se connaître et à se comprendre. A la mi-novembre, ils se sont retrouvés dans la résidence de Novo-Ogarevo du président russe, près de Moscou, à l’occasion d’une visite privée de l’ancien chef de l’Etat français, à tu et à toi, s’appelant par leurs prénoms.

“Poutine et Hollande ont encore quatre ans devant eux pour travailler ensemble”, observe cependant Pascal Boniface, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). “Et Français et Russes doivent trouver les moyens d’être d’accord sur leurs désaccords et de faire en sorte que leurs divergences ne les empêchent pas de voir où sont les convergences”, souligne-t-il.

La France avide d’investissements russes

Ces derniers mois, les sujets d’irritation n’ont pas manqué : soutien de Paris aux Pussy Riot, le groupe punk féminin dont deux des membres purgent une condamnation à deux ans de camp pour avoir entonné une prière anti-Poutine dans une cathédrale de Moscou, et accueil triomphal en Russie pour l’acteur et exilé fiscal français Gérard Depardieu, gratifié d’un passeport russe par Vladimir Poutine en personne.

A défaut d’être des “alliés”, relève Pascal Boniface, Paris et Moscou sont des “partenaires”. Et si les deux capitales ont affiché un désaccord majeur sur la Syrie, elles ont exprimé aussi leurs convergences sur l’intervention française au Mali tout comme le dossier nucléaire iranien. “Il ne faudrait pas que Depardieu et les Pussy Riot soient le thermomètre des relations franco-russes, ce ne sont que des épiphénomènes médiatiques par rapport à la réalité beaucoup plus importante et centrale de nos intérêts croisés, économiques, politiques ou stratégiques”, insiste encore Pascal Boniface.

Les présidents russe et français auront l’occasion d’échanger sur les intérêts bien compris de leurs deux pays lors d’une rencontre avec des hommes d’affaires réunis dans le Jardin d’hiver du Kremlin. François Hollande sera aussi accompagné par une quinzaine de dirigeants d’entreprises français (Arianespace, Astrium, Airbus, Total, SNCF, LVMH…). Cinq ministres seront également du voyage, Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Manuel Valls, Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg, tout comme la compagne du président Valérie Trierweiler.

En mal de croissance, comme ne cesse de le rappeler François Hollande, la France est avide d’investissements russes, plutôt chiches pour le moment. Leur “stock” plafonne à un milliard d’euros en France, contre 12 milliards d’euros pour celui des investissements français en Russie. Un accord sera signé à ce propos entre la Caisse des dépôts et consignations et un fonds d’investissements russe pour favoriser l’accueil en France des investisseurs russes.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related