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Renoir en grand format à New York

L’exposition «Renoir, Impressionism and full-Length Painting » qui débute à la Frick Collection de New York est l’occasion unique de voir rassemblées neuf pièces majeures du maître impressionniste. À voir jusqu’au 13 mai 2012.

Il aura fallu cinq ans pour réunir les neuf toiles d’Auguste Renoir, principalement empruntées au musée d’Orsay de Paris, à la National Gallery de Londres et aux musées de Boston et de Washington. « C’est la première fois que le public peut admirer côte à côte ces œuvres majeures de l’impressionnisme» souligne Colin B.Bailey directeur adjoint de la Frick Collection. « Cela permet de mieux comprendre la démarche de Renoir dans le courant impressionniste ». Car si la plupart des œuvres impressionnistes sont de petits formats, Renoir s’attache aux portraits en pied grand format, qui tiennent autant de l’héritage de la peinture classique, que des décors muraux des cafés auxquels le jeune artiste a prêté la main.

La belle Epoque

Peintes entre 1874 et 1885, les pièces présentées reflètent le goût de Renoir, pour la mode féminine et les scènes quotidiennes de la vie parisienne. Fillettes avec leur mère dans La Promenade, grisettes sur les grands boulevards, guinguettes des bords de Seine, sont autant de prétextes pour dépeindre, à traits et à touches rapides, les détails les plus chatoyants des costumes de ses modèles.

L’ensemble le plus spectaculaire de l’exposition est sans doute le trio monumental de couples de danseurs : Danse à la Campagne, Danse à la ville et Danse à Bougival, d’où se dégage une sensualité audacieuse pour l’époque.

La toile Les Parapluies présente quant à elle un curieux contraste entre le groupe de personnages à droite et la jeune femme à gauche. Elle fut en effet commencée et achevée à quatre ans d’intervalle. Durant cette période, la mode et le style de Renoir avaient évolué. Ceci explique sans doute que la toile ne trouva pas preneur pendant de nombreuses années. Ainsi la figure au premier plan, plus tardive, s’éloigne du style impressionniste pour se rapprocher de celui d’Ingres, avec des contours plus définis, des couleurs plus austères et des traits de pinceau moins visibles.

Le nouveau langage pictural des Impressionnistes, leur emploi inhabituel des couleurs pour matérialiser les ombres et la lumière, fut loin de faire l’unanimité auprès des critiques de leur temps. Pour Arthur Baignières, les figures de Renoir n’étaient « rien de plus que d’imperceptibles nuages ». À New-York, lors d’une première exposition en 1886, la revue The Art amateur, déplorait que « M. Renoir gâche plusieurs de ses peintures par des arrière-plans et des accessoires de mauvais goût ». Près de cent cinquante ans plus tard, « Renoir nous offre le cadeau de sa lumière vibrante et la beauté d’une certaine joie de vivre » estime pour sa part Colin Bailey.

 

Du 7 février au 13 mai 2012

Tarifs : $18, seniors $15, étudiants $10

The Frick Collection

1 East 70th Street, New York

www.frick.org

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