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Reprise économique : pour le chef de la Fed c’est chacun sa route

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, devait justifier vendredi en Europe la politique monétaire de son institution et la défendre contre les attaques dont elle fait l’objet à l’étranger comme aux Etats-Unis.
En décidant début novembre d’injecter 600 milliards de dollars supplémentaires dans le circuit bancaire, la Fed “cherche à soutenir la reprise économique, à promouvoir une croissance plus rapide de l’emploi, et à réduire les risques” de déflation, devait déclarer M. Bernanke à Francfort.
La Réserve fédérale estime “que le meilleur moyen de continuer à assurer la solidité des bases économiques qui soutiennent la valeur du dollar, de même que de soutenir la reprise mondiale, passe par des mesures qui mèneront au retour d’une croissance solide dans un environnement de prix stables aux Etats-Unis”, devait-il ajouter, selon le texte de son allocution publié jeudi à Washington.
“L’engagement [de la Fed] à assurer la stabilité des prix demeure inébranlable”, et la Fed a les moyens de cette ambition, devait encore déclarer M. Bernanke, à l’occasion d’une conférence organisée par la banque centrale européenne (BCE).
La politique de la Fed a été accusée à l’étranger, notamment en Europe, de plomber le dollar afin de favoriser les exportations américaines, et aux Etats-Unis de semer les graines d’une inflation incontrôlable.
Pour M. Bernanke, la politique ultra-accommodante de la Fed n’est pas responsable de la ruée des capitaux vers les pays émergents, comme certains de ces Etats l’affirment. Graphiques à l’appui, il devait faire valoir que ces flux de capitaux, bien que “substantiels”, “n’étaient pas plus forts” depuis le début de la reprise de l’économie mondiale en 2009 que “dans l’année qui avait précédé la crise”. L’explication des problèmes actuels, selon lui, serait plus à rechercher dans la sous-évaluation des monnaies de certains pays émergents comme la Chine. “Le système monétaire international actuel ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait. La sous-évaluation, voulue, des monnaies de certains pays ayant une balance courante excédentaire entrave les ajustements nécessaires à l’échelle de la planète”, estime-t-il.

Alors qu’enflent les craintes de “guerre des monnaies”, M. Bernanke ne dit pas noir sur blanc, comme certains de ses collègues, que la Fed ne cherche en aucun cas à affaiblir le dollar pour avantager les Etats-Unis. Pour lui, la baisse du dollar observée en gros depuis l’été reflète surtout un mouvement de balancier après la hausse du dollar provoquée au printemps par la crise grecque, quand le billet vert avait joué à plein son rôle de “valeur refuge”.
D’autres pensent au contraire que c’est la politique de création monétaire de la Fed qui est responsable de la baisse de la monnaie américaine. Plaidant pour une coopération économique internationale, il laisse néanmoins entendre qu’il n’y croit pas trop par les temps qui courent.
Pour lui, “la coopération des politiques économiques au plan mondial est spécialement difficile en ce moment du fait que la reprise mondiale se fait à deux vitesses”, et il est “clair” que les différences de croissance entre les pays avancés et les pays émergents “appellent des choix différents”.
Jugeant ne pas pouvoir exclure une hausse du taux de chômage américain à court terme aux Etats-Unis, il devait par ailleurs appeler le gouvernement et le Congrès à prendre de nouvelles mesures de relance budgétaire pour soutenir l’économie en complément de ce que fait déjà la Fed.

 

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