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Retraite : le gouvernement s’estime en position de force

L’Elysée estimait dimanche avoir gagné une partie de la bataille de l’opinion sur la question des retraites vu la mobilisation moins élevée que l’an passé dans les défilés du 1er mai en France, même si la réforme “ne sera pas un chemin de roses”.

L’affluence des défilés est restée parmi les meilleures des dix dernières années, mais les syndicats désunis n’ont pas donné la démonstration de force escomptée, et ils auront certainement du mal, jeudi prochain, à trouver un terrain d’entente pour la suite lors de leur réunion post-1er mai. Entre 195.000 (police) et 350.000 (syndicats) personnes ont défilé. Les craintes pour la retraite étaient dans tous les esprits. Mais les manifestants étaient moins nombreux que le 23 mars (entre 380.000 et 800.000).
Le conseiller social de l’Elysée Raymond Soubie y a vu une preuve qu’en matière de retraites, “une large partie des Français considèrent qu’une réforme est inéluctable”. “Cela ne signifie pas que la réforme se présente comme un chemin de roses”, a-t-il déclaré au Journal du Dimanche.
Le succès de la réforme selon l’Elysée réside désormais dans la capacité à faire que les mesures soient perçues par l’opinion comme “nécessaires” et “justes”, selon la même source.

Méfiez-vous, leur a répondu le député PS Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, rappelant qu’en 1995, “le 1er mai qui précédait le plan Juppé, on avait déjà des remarques de ce genre: ‘les salariés ne sont pas mobilisés’”. “On ne connait pas le projet du gouvernement, donc on peut comprendre que les gens aient du mal à se mobiliser”, a également relativisé le leader CFDT François Chérèque, pressant par ailleurs le PS de positionner sur le sujet.

Pour Bernard Thibault (CGT), il faudra sans tarder “d’autres rendez-vous (…) avec l’objectif de peser avant que des décisions ne soient prises”.

A ce stade, le gouvernement n’a rien dévoilé. Il consulte, rode son argumentaire, teste les différentes options par voie de presse et dans des discussions en tête-à-tête avec les partis, syndicats, etc. Durant cette période dite de “concertation”, la bataille de communication fait rage.

Au chapitre de la “nécessité”, l’argument démographique est convoqué avec constance selon l’équation simple: on vit plus vieux, on travaille plus vieux. “Il n’y a qu’en France que l’âge de la retraite est aussi bas”, a ainsi souligné dimanche le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand sur Radio J.

Quant à la “justice”, le gouvernement affirme par exemple que “bien évidemment le système de retraite des parlementaires sera réformé, comme celui des ministres, d’ailleurs”. Il disserte aussi volontiers sur les différences de mode de calcul entre salariés du privé et employés du public, tout en disant “nous verrons”.

En face, la gauche et les syndicats, qui se mobilisent également sur le sujet, ont du mal à cacher des désaccords, même si tous prônent le maintien de la retraite à 60 ans. FO ne veut pas entendre parler de manifestations à répétition, une stratégie vouée à l’échec selon Jean-Claude Mailly, sauf à avoir une unité d’analyse entre tous les syndicats, et une jeunesse ultra-mobilisée comme en 2006 contre la CPE.

Plusieurs organisations de gauche tiendront un meeting le 6 mai à Paris avec Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), Cécile Duflot (Verts) et Olivier Besancenot (NPA). Le PS viendra-t-il? “Martine Aubry est la bienvenue à nos côtés”, a déclaré dimanche Olivier Besancenot.

 

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