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Retraites, budget et remaniement, rentrée agitée pour Sarkozy

Après un été agité de polémiques sur sa politique sécuritaire, la rentrée s’annonce particulièrement délicate pour Nicolas Sarkozy, toujours aussi impopulaire, entre réforme des retraites, casse-tête budgétaire et remaniement gouvernemental.

De retour de trois semaines de vacances au Cap Nègre, le chef de l’Etat doit retrouver mercredi son gouvernement au grand complet pour le Conseil des ministres. Sur fond de croissance timide et de chômage persistant, la prérentrée économique organisée vendredi au fort de Brégançon a donné le ton des difficultés qui bouchent l’horizon de l’exécutif.

Même si le mot “rigueur” est toujours tabou à l’Elysée, Nicolas Sarkozy y a confirmé le tour de vis imprimé à sa politique budgétaire au début de l’été, avec la suppression de 10 milliards d’euros de niches fiscales, et pris acte de la fragilité de la reprise économique en révisant à 2% au lieu de 2,5% ses prévisions de croissance pour 2011.

L’opposition n’a pas manqué d’y voir une “hausse d’impôt” déguisée qui viole l’engagement de Nicolas Sarkozy de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires et a hurlé à “l’injustice sociale”.

Avant des décisions définitives annoncées pour la mi-septembre, le ministre du Budget François Baroin a répondu lundi dans le Figaro que “les publics fragiles” et la politique familiale seraient “épargnés” par ce coup de “rabot”.

A côté de ces délicats arbitrages, le chef de l’Etat est attendu de pied ferme sur un autre terrain glissant, celui de la réforme des retraites. Les syndicats, qui se sont retrouvés ce lundi pour en peaufiner les détails, ont déjà prévenu que la mobilisation prévue le 7 septembre, date du début de l’examen du projet de loi à l’Assemblée, serait “exceptionnelle”.

La position du gouvernement sur ce front est en outre fragilisée par la mise en cause du pilote de la réforme, le ministre du Travail Eric Woerth, dans l’affaire Bettencourt. Même si ce feuilleton a été provisoirement mis entre parenthèses par la trêve judiciaire estivale.

C’est dans ce climat que Nicolas Sarkozy doit également, une fois la réforme des retraites adoptée, se livrer au casse-tête d’un remaniement de son gouvernement qu’il a lui-même annoncé pour cet automne.

Dans la majorité, certains donnent François Fillon partant en pariant sur le lancement d’une nouvelle étape du quinquennat. D’autres pensent savoir qu’il prolongera son bail à Matignon en rappelant la popularité du Premier ministre dans les sondages, nettement supérieure à celle du locataire de l’Elysée.

Moins de deux ans avant la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy, qui fait de moins en moins mystère de son intention de briguer un deuxième mandat, aborde toutes ces échéances en position de faiblesse.

Le coup de barre à droite donné fin juillet à Grenoble sur son thème favori de la lutte contre l’insécurité (renforcement des lois anti-délinquance, déchéance de la nationalité pour certains criminels, expulsions de Roms…) continue à susciter des critiques indignées, à gauche comme à droite.

Après le pape Benoît XVI qui appelait dimanche la France au respect de la “fraternité universelle”, l’ex-Premier ministre socialiste Lionel Jospin a dénoncé lundi dans Le Monde le “jeu dangereux” du pouvoir. Et à droite, Dominique de Villepin a qualifié d'”indignité nationale” la politique sécuritaire du gouvernement.

A en croire les derniers sondages, la fermeté de Nicolas Sarkozy n’a pour l’heure pas provoqué le rebond escompté. Le dernier baromètre Ifop-JDD le crédite de 36% d’opinions favorables et, selon l’enquête Viavoice publiée lundi dans Libération, seuls 24% des sondés souhaitent sa réélection.

 

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