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Retraites: Fillon va tenter à la télévision de tempérer la grogne

Deux jours après la forte mobilisation dans la rue contre la réforme des retraites, la réplique de l’exécutif se poursuit jeudi à la télévision, où François Fillon tentera d’inverser le rapport de forces lors une émission spéciale dans laquelle il tiendra le rôle principal.

Le chef du gouvernement sera le premier à s’exprimer dans “A vous de juger” sur France 2 à partir de 20H35. Mais il ne faut pas s’attendre à de nouvelles annonces après celles de Nicolas Sarkozy mercredi en Conseil des ministres. “On ne va pas faire évoluer le projet tous les jours”, explique-t-on à Matignon. François Fillon devrait donc se livrer à un travail de pédagogie sur le texte gouvernemental. “Il l’expliquera”, indique son entourage.

Le Premier ministre a fort à faire si l’on en croit un sondage BVA pour Canal+. 80% des Français estiment que la journée de mardi a été “plutôt un succès” et pour 55% d’entre eux, le gouvernement doit désormais reculer sur le report de l’âge légal de 60 à 62 ans. Mais Nicolas Sarkozy l’a martelé: pas question de toucher à cet élément clé de la réforme. Le bras de fer risque donc de durer.

Dopés par leur succès de mardi, tous les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le 23 septembre. Pour François Chérèque (CFDT) qui a jugé “insuffisantes” les concessions du chef de l’Etat notamment sur les carrières longues et la pénibilité “la partie n’est pas perdue”. “Même si elles aménagent à la marge la réforme, elles ne réduisent pas les plus grandes inégalités de cette réforme”, a expliqué le leader syndical.

De son côté, Bernard Thibault (CGT) a mis en garde contre “une crise sociale d’ampleur” car “les syndicats n’ont pas l’intention de lâcher”. L’opposition non plus ne désarme pas. Ségolène Royal défendra jeudi soir le projet alternatif socialiste. François Hollande a prévenu que si le PS l’emportait en 2012, “il reviendrait sur les éléments de cette réforme”, réclamant le maintien de l’âge de départ à 60 ans.

Ce point central était au menu des discussions de l’Assemblée nationale jeudi où les attaques de l’opposition n’ont pas faibli. Elle a ainsi fustigé “une réforme écrite à l’Elysée” face à Eric Woerth qui, en réponse, a accusé le PS de financer son projet par des recettes “fantaisistes”. “Vous êtes bien le ministre des riches”, lui a rétorqué le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. En revanche, de débats il n’y en aura point dans l’émission d’Arlette Chabot. Les invités se succéderont sans se parler. Alors qu’on pouvait s’attendre à une confrontation entre le ministre d’une part, MM. Thibault et Chérèque d’autre part, ces derniers l’ont refusée.

“Ils ont expliqué qu’ils n’avaient pas de raison de discuter avec Eric Woerth puisque c’est à l’Elysée que tout se décide”, a affirmé Arlette Chabot. Mais c’est aussi pour éviter des questions sur l’affaire Bettencourt dans laquelle est empêtré M. Woerth que l’intersyndicale ne souhaite pas de duel médiatique avec lui.

“C’est bien le sujet des retraites et non l’avenir de M. Woerth qui doit être d’actualité”, avait ainsi dit M. Thibault pour justifier son refus de croiser le fer avec le ministre sur TF1 mardi soir. Eric Woerth, qui a visiblement perdu la main essentiellement au profit de Nicolas Sarkozy, est relégué en fin d’émission, en duplex de l’Assemblée. L’affaire Bettencourt pourrait s’inviter à nouveau sur le plateau après un énième épisode dans ce feuilleton politico-judiciaire: une visite policière du siège de l’UMP sur ordre du parquet de Nanterre.

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