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Retraites : gouvernement et opposition campent sur leurs positions

Gouvernement d’un côté, gauche de l’autre, ont campé dimanche sur leurs positions sur la réforme des retraites, les premiers en plaidant son absolue nécessité, les seconds en appelant au dialogue pour dénouer une “situation de blocage”, avant une nouvelle journée d’action mardi.

François Fillon a de nouveau opposé, dimanche soir sur TF1, une fin de non recevoir à la demande de Martine Aubry de “suspendre” l’examen au Sénat qui pourrait se prolonger au-delà de mercredi. Le Premier ministre est resté ferme: le débat prendra le temps qu’il faudra mais la réforme sera “votée”. “Si on revient sur la question des 62 ans, on ne paye plus la retraite des Français”, a-t-il fait valoir.
Et le Premier ministre d’ironiser: “ce qui est surtout suspendu chez le Parti socialiste, c’est son courage à affronter les réalités”. “Je ne laisserai pas bloquer notre pays”, a-t-il aussi prévenu assurant qu’il n’y aurait pas “de pénurie” de carburant alors que les douze raffineries de métropole sont touchées par un mouvement de grève, faisant craindre la fermeture d’un nombre de plus en plus important de stations services. Juste avant, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux avait affirmé qu’il aurait de nouveau recours “si nécessaire” à la force pour faire “débloquer les dépôts”.
Des actions plus dures sont annoncées lundi, notamment chez les routiers et les cheminots, pouvant faire la jonction avec la journée d’action de mardi.
Avec Nicolas Sarkozy “nous sommes dans nos conversations quotidiennes totalement concentrés sur la sortie de la crise sociale”, a assuré le chef du gouvernement dont l’UMP a relevé la “détermination sereine”.
Pour Claude Bartolone, proche de Mme Aubry, François Fillon “a ressorti les ficelles les plus éculées de la droite française face aux mouvements sociaux : la menace du chaos avec les blocages, l’infantilisation de la jeunesse, la culpabilisation des Français”. Dans les médias, au siège du parti présidentiel ouvert dimanche pour une opération de pédagogie, ministres et responsables UMP se sont relayés toute la journée pour défendre la réforme.
Lorsqu’on “sait qu’on fait son devoir, on est calme et serein”, a fait valoir le ministre du Travail Eric Woerth.
Le PS et la CFDT appellent l’exécutif au dialogue pour, comme l’a dit le socialiste Laurent Fabius, “sortir d’une situation de blocage”. M. Woerth a répliqué qu’il “écoutait sans arrêt” et que le gouvernement “a beaucoup tenu compte de ce qui se disait”.
Même argumentaire chez Xavier Bertrand: “Suspendre le débat, arrêter la réforme, ce n’est pas possible (…) le texte a été amélioré à l’Assemblée nationale sur la pénibilité, au Sénat sur les mères de famille de trois enfants”. Pour le secrétaire général de l’UMP, le PS est “engagé dans une opération de guérilla” et n’est “pas un parti de gouvernement”.
Seul, Dominique de Villepin a fait entendre une voix discordante dans la majorité, en jugeant que le gouvernement avait “perdu la bataille de l’opinion” et qu'”un compromis” était “possible”. Droite et gauche se sont mutuellement accusés d’irresponsabilité. “Les irresponsables sont ceux qui ne veulent pas le dialogue, c’est-à-dire le gouvernement et le chef de l’Etat”, a jugé l’eurodéputé PS Vincent Peillon.

Le ministre de l’Immigration Eric Besson a brocardé “l’ambiguïté” de l’opposition qui est “en train d’inventer le droit à la petite retraite”. “Que le gouvernement ouvre sa porte parce que sinon il rajoute à une incompétence manifeste une intolérance”, a répliqué M. Fabius pour qui la 6e journée de mobilisation mardi sera “la plus importante” de toutes.

 

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