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Retraites : L’UMP et le PS lancent les hostilités

UMP et Parti socialiste se sont déclaré la guerre sur la réforme des retraites, en pilonnant mercredi leurs projets respectifs pour l’un des derniers grands chantiers du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Dénonçant un “projet bâclé” dont le gouvernement n’a fait qu’ébaucher les contours, le bureau national du PS avait adopté mardi à la quasi unanimité ses contre-propositions.

Le PS défend le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, instauré sous François Mitterrand, et prône une mise à contribution des revenus du capital (bonus, stocks options) et des banques, mais aussi une hausse progressive des cotisations salariales et patronales.

“Bombe fiscale”, “avalanche d’impôts nouveaux”, ont riposté le ministre du Travail Eric Woerth puis le Premier ministre François Fillon, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale où les socialistes sont eux aussi montés au créneau, posant pas moins de cinq questions sur le sujet.

“Question bombe fiscale, ce sont de très bons artificiers”, s’est amusée Martine Aubry, au siège du PS. “En termes de déficit, d’augmentation de la dette, ils savent quoi faire!” Et de citer le “bouclier fiscal” et les “20 milliards de niches supplémentaires” au regard du “petit pétard que (les socialistes) ont mis sous les banques!”

Ce projet, “c’est un choc fiscal sans précédent”, avec “20, 30, 40 milliards d’euros de fiscalité et de cotisations en plus”, a lancé M. Woerth en direction de la “dame des 35 heures”, dénonçant un “déni de la réalité démographique”, et l’exhortant à briser le “tabou de la retraite à 60 ans”. Et d’ajouter devant les députés: “la société du care” promue par la maire de Lille, “c’est en réalité la société de l’impôt”. “60% des mesures” du PS “taxent le travail”.

“Vous êtes réduits à proposer toute une série d’expédients” et une fiscalité visant directement les classes moyennes, a sèchement renchéri le chef du gouvernement, jusqu’ici plutôt discret sur ce dossier.

M. Woerth et le patron de l’UMP Xavier Bertrand ont invité Mme Aubry à “revoir sa copie”, et le chiffrage “fantaisiste” de son projet “antisocial” et anti-économique”, “destructeur d’emploi et de pouvoir d’achat”.

En ligne de mire, le prélèvement de 3 milliards sur l’intéressement et la participation. Selon M. Fillon, l’intéressement concerne “un tiers des salariés français” et la participation “44%” d’entre eux. Soit près de “dix millions de salariés”, a précisé M. Bertrand.

Autre mesure torpillée par l’UMP: l’augmentation de la CSG sur les produits du capital. “C’est un nouvel impôt sur les classes moyennes et les 20 millions de contrats d’assurance vie”, ont martelé à tour de rôle MM. Bertrand et Fillon.

“Mais comme cela ne suffit pas, il vous faut aussi aussi des recettes virtuelles”, a renchéri ce dernier en réponse à une question du député (PS) Jean-Louis Bianco, exemples à l’appui. “Deux milliards d’euros prélevés sur les stock options et les bonus. Deux milliards sur une assiette de 2,7 milliards, soit un taux de 70%. Autant dire que cette assiette vous l’aurez une fois, une année, et pas deux”, a encore asséné M. Fillon.

Invitée du journal de 20h00 sur France 2, la première secrétaire a accusé le gouvernement d’avoir perdu son “sang-froid” et a dénoncé les “contre-vérités” proférées par le Premier ministre. Rendant coup pour coup, le porte-parole du PS Benoît Hamon a crié à “l’imposture et au mensonge”, accusant le chef du gouvernement d’inventer “un projet socialiste qui n’existe pas”.

Dans ce premier véritable affrontement gauche-droite sur ce dossier explosif, Jean-Marie Le Guen (PS) a visé directement M. Fillon: “en 2003, vous étiez le ministre de la réforme qui prétendait régler le problème des retraites.. jusqu’en 2020”.

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