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Retraites : nouvelles manifestations en perspective

Les syndicats ont annoncé vendredi deux nouvelles journées de protestation, début octobre, contre le projet de réforme des retraites, au lendemain d’une nouvelle mobilisation massive dans la rue, minimisée par le gouvernement qui oppose “un non ferme” aux manifestants.

Réunie dans la matinée au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’intersyndicale a appelé à des manifestations le samedi 2 octobre dans toute la France, puis une journée de grèves et de manifestations le mardi 12 octobre. Qualifiant la journée de jeudi de “franc succès”, elle a mis “en garde le gouvernement sur les conséquences que provoquerait l’ignorance de la colère qui s’exprime profondément”, dans un texte signé par six confédérations (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa, FSU). Non signataires, FO, qui souhaite le retrait pur et simple du projet de loi, et Sud, qui aurait souhaité une journée d’actions plus tôt, ont aussi appelé à participer à ces actions.
“Quoi qu’en dise le gouvernement, la démobilisation suite au vote à l’Assemblée nationale, n’a pas eu lieu. C’est bien l’exigence d’un véritable débat et l’examen d’autres alternatives au projet de loi qui s’expriment plus fortement”, estiment les syndicats, qui ont prévu de se revoir le 4 octobre, à la veille de l’examen de la réforme au Sénat.
Les organisations signataires rappellent “la journée de manifestation européenne du 29 septembre pour s’opposer aux plans de rigueur en Europe”. “Elle donnera l’occasion à des milliers de salariés français de porter leurs revendications, notamment sur la retraite, à Bruxelles et partout en France”. Jeudi, autour de 3 millions de personnes ont manifesté contre la réforme selon les syndicats, moins d’un million selon le ministère de l’Intérieur.

Pour les premiers, les cortèges étaient sensiblement plus fournis que le 7 septembre, pour le gouvernement, les défilés et les grèves dans la fonction publique ont drainé moins de monde. Vendredi, devant les parlementaires UMP, François Fillon a opposé un “non ferme et tranquille” aux manifestants. De Luc Chatel (porte-parole) à Eric Woerth (Travail), les ministres ont répété le même mot, “décélération”, plusieurs socialistes dénonçant un “mépris” de l’exécutif.

La réforme des retraites ne figurait pas dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy et au fil des sondages, l’opinion manifeste un rejet croissant. D’éventuelles modifications du texte à la marge pourraient intervenir au Sénat où la réforme arrive en discussion plénière le 5 octobre. Mais pas sur le report à 62 et 67 ans de l’âge de la retraite. “Il y aura des amendements sur la situation des femmes, cela fait partie du petit jeu mais pour le moment, le gouvernement bouge sur des choses prévues dès le départ selon un scénario pré-écrit et les mobilisations n’auront pas percuté le projet gouvernemental”, analyse le politologue et historien René Mouriaux. “Ou bien on va vers une radicalisation si la base se durcit, mais la CGT n’en veut pas pour ne pas se séparer de la CFDT, elle-même fondamentalement hostile aux grèves bloquantes. Ou bien on va vers un effilochage”, a-t-il exposé à l’AFP.
Dans les transports, le trafic a repris dans le métro parisien, moins touché jeudi, tandis que la circulation des trains SNCF devait revenir “progressivement” à la normale.

La prochaine date cochée sur l’agenda syndical est celle du 29 septembre. La Confédération européenne des syndicats attend 100.000 manifestants à Bruxelles pour dire “non à l’austérité”. La journée sera déclinée en France tandis que l’Espagne sera en grève générale, la cinquième de son histoire.

 

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