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Révélations sur ses parents : Alliot-Marie à nouveau sur le grill

Déjà fragilisée par une controverse sur ses congés en Tunisie, la ministre française des Affaires étrangères est à nouveau la cible d’attaques de l’opposition après des révélations sur un coup de fil à Ben Ali en pleine révolution et une transaction entre ses parents et un patron tunisien.

Tandis que l’opposition de gauche a réclamé mercredi la démission de Michèle Alliot-Marie, dénonçant une succession de “mensonges” et une “confusion des genres” nuisibles pour l’image de l’Etat français, le président Nicolas Sarkozy a renouvelé sa confiance à la ministre. Le président a adressé “une message de soutien” manuscrit à “MAM”, ont affirmé deux ministres à l’AFP, ajoutant que le sens de ce message était qu’il n’est “pas question de lâcher” la ministre.

A l’issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement François Baroin a assuré qu’elle avait “tout le soutien” de l’équipe gouvernementale. Sous un feu roulant de questions de députés de l’opposition à l’Assemblée nationale, Michèle Alliot-Marie a exclu mercredi après-midi toute démission. “Vous aurez beau répéter des mensonges ça n’en fera pas des vérités”, a-t-elle martelé dans l’hémicycle, dénonçant une “campagne indigne” contre elle et sa famille et affirmant qu’elle n’avait rien fait “d’illégal”.

L’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné, à l’origine des premières révélations sur les vacances de la ministre en Tunisie, était revenu à la charge mardi. Il a révélé que Bernard Marie et son épouse, 94 et 92 ans, que Mme Alliot-Marie accompagnait fin 2010 en Tunisie, avaient racheté les parts de leur ami tunisien Aziz Miled et de son fils Karim dans une société civile immobilière (SCI), Ikram. La transaction a eu lieu le 30 décembre à Tabarka, cité balnéaire du nord-ouest que la famille Alliot-Marie avait rejoint grâce au jet privé de M. Miled, “vieil ami” de la famille rencontré de manière “fortuite” à l’aéroport de Tunis selon les premières déclarations de la ministre et de son entourage.

Michèle Alliot-Marie s’est défendue en assurant ne pas interférer dans les affaires “privées” de ses parents. Une ligne de défense soutenue par Bernard Marie, qui a dédouané sa fille et affirmé avoir négocié depuis longtemps sur ce contrat avec cet ami de la famille et avoir en outre organisé le voyage. Mais mercredi matin, le site d’informations Mediapart révélait que Mme Alliot-Marie avait téléphoné pendant cette période au président Ben Ali, alors qu’elle assurait encore à la presse le 30 janvier n’avoir eu “aucun contact privilégié” avec l’ex-homme fort de Tunis.

Position intenable

“Un bref entretien, comme elle en a quotidiennement avec beaucoup de chefs d’Etat et de ministres. C’est simplement son travail”, a réagi à l’AFP son cabinet. Le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a jugé mercredi que “MAM” n’avait “cessé de mentir aux Français”, appelant la chef de la diplomatie et son mari Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, à la démission.

Le 11 janvier Michèle Alliot-Marie avait déjà provoqué un tollé en proposant le “savoir-faire” de la police française pour aider le régime de Zine el Abidine Ben Ali à gérer les manifestations, trois jours avant sa chute. Le journal Le Monde demandait mercredi dans un cinglant éditorial: “Jusqu’où faudra-t-il descendre dans la trivialité et l’indignité”, dans “le conflit d’intérêt”, pour que le chef de l’Etat “en tire la conclusion logique”. A droite, Mme Alliot-Marie a reçu le soutien de ténors de la majorité, mais en coulisses, plusieurs élus jugeaient sa position de plus en plus intenable.

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