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Révolution dans le monde de l’édition : Matt Stewart publie son roman sur Twitter

Depuis le 14 juillet, l’Américain Matt Stewart, un trentenaire de San Francisco, publie son premier roman, The French Revolution, au compte-goutte, sur Twitter. Il met en ligne des passages de 140 caractères toutes les 15 minutes environ. Une façon toute simple d’être lu par des milliers d’utilisateurs, avec pour Matt Stewart l’espoir d’être un jour publié par un éditeur. Interview d’un écrivain qui va peut-être révolutionner le monde de l’édition.

Quand avez-vous commencé à écrire ce livre ?

J’ai commencé à écrire en 2004. Et croyez moi, cela fait à peu près 4 ans et demi que je travaille et retravaille sur le manuscrit. C’est l’une des choses qui m’a demandé le plus de boulot ces dernières années et dont je suis très fier.

Vous avez publié le premier extrait de votre roman The French Revolution sur Twitter, le 14 juillet, jour de la fête nationale française. C’est une bonne opération marketing !

C’est vrai, oui ! Il n’ y avait pas de meilleure date pour moi pour commencer à publier un tel un roman!

Mais le livre a-t-il à voir avec la prise de la Bastille?

Pas exactement. J’ai choisi ce titre parce que la structure de l’intrigue est modelée sur la façon dont les années qui ont suivi la Révolution française se sont déroulées : c’est-à-dire une sorte de dialectique hégélienne avec une première révolution autocratique aboutissant à un chaos énorme puis à une deuxième révolution, celle de l’arrivée de Napoléon. Mon livre commence, lui, en 1989 et s’achève dans le futur mais l’histoire de la famille de San Francisco que je raconte suit tout à fait ce schèma, allant de bouleversement en bouleversement. Et puis, je fais un autre clin d’œil à cette période de l’histoire de France dans mon roman puisque parmi les protagonistes, on trouve Marat et Robespierre !

Considérez-vous cette expérience d’auto-édition sur Twitter comme une petite révolution ?

Oui, je pense que c’est un véritable choc pour l’industrie du livre de constater que quelque chose de sérieux peut être fait sur Twitter dans ce domaine.

Et pourquoi utiliser Twitter plutôt qu’un support plus traditionnel comme le blog ?

J’utilise Twitter depuis de nombreuses années. Et je pense que c’est un excellent outil pour comprendre et cerner l’étendue de ce qui peut intéresser une personne. Nous sommes toute la journée envahis d’informations sur la vie des gens via Facebook, les textos ou Twitter. Mais Twitter possède la particularité d’être restreint à 147 caractères ce qui permet à ses utilisateurs de lire et « digérer » l’information très rapidement. C’est donc un moyen fantastique pour moi de présenter des petites bribes de mon roman et d’en donner juste assez au lecteur pour lui permettre de savoir s’il aime le style et s’il aurait envie d’en lire plus.

Il vous faudra 3 800 tweets pour venir à bout des 480 000 signes du roman. N’est ce pas frustrant de publier son œuvre au compte-goutte ?

Tout d’abord, le livre est déjà disponible en entier sur mon site. Vous le trouverez en version PDF. Et puis je ne publie pas sur Twitter dans l’espoir que les gens qui me suivent, liront mon roman jusqu’au dernier twitt. Je considère que chaque twitt est simplement un petit condensé de joie littéraire.

À quel rythme postez-vous les extraits du livre sur Twitter ?

Heureusement pour moi, l’un de mes amis JJ Schulz a créé un système qui permet de poster les bribes de mon roman automatiquement. Sinon, je passerais ma vie sur Twitter et je n’en ai pas le temps (ndlr, Matt Stewart fait du marketing pour une entreprise basée à San Francisco). Pour l’instant, j’en suis encore à la phase d’expérimentation. Mardi, les extraits étaient publiés toutes les 15 minutes ; hier, j’ai essayé toutes les 12 minutes mais les utilisateurs Twitter m’ont dit que c’était trop rapide. J’ai publié environ 5 pages en deux jours et je compte beaucoup sur les internautes pour me faire des remarques sur le rythme qu’il préfèrent. Aujourd’hui, je vais tenter toutes les 20 minutes !

Le livre est donc disponible en version PDF sur votre site et sur Kindle. Ne pensez-vous pas que les éditeurs potentiels ne seront plus intéressés si l’ouvrage est accessible gratuitement ? Aviez-vous l’intention de le faire publier en version papier ?

Oui, j’ai bien l’intention qu’il soit imprimé. Le fait qu’il soit en PDF sur mon site n’est pas forcément gênant. Même si j’utilise moi-même un Kindle et que je lis beaucoup sur mon iPhone, je pense que ce n’est pas encore le cas de la majorité des lecteurs. Je suis optimiste pour l’avenir du livre en ligne, mais j’ai encore du temps devant moi avant qu’il ne remplace totalement le livre traditionnel.

Informations pratiques

http://www.thefrenchrev.com/

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