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Richard Attias : « Le New York Forum sera obsessionnellement tourné vers l’action »

Richard Attias, qui collabora notamment au Forum de Davos et participa à la création de la Clinton Global Initiative, a annoncé le lancement du New York Forum qui accueillera en juin des décideurs économiques triés sur le volet. Avec en toile de la fond, la crise financière et la nécessité de réfléchir à de nouveaux modèles en matière d’économie. Entretien.

Quel est l’objectif du New York Forum ?

C’était une idée qui était en gestation depuis une année. Avec la crise internationale, il m’a semblé qu’il fallait donner un signal : il est temps de créer une nouvelle plate-forme pour la croissance économique. Nous voulons créer des conditions de travail, de réflexion, pour commencer à ébaucher des solutions à la crise. Je suis convaincu qu’il faut entamer un processus de réinvention des business models. Nous avons également des ambitions pédagogiques : il est important que les réflexions menées par les participants soient expliquées au public. Il faut lui permettre de comprendre ce qui se passe dans l’économie.

Justement, les décideurs économiques qu’on retrouvera à ce forum ne sont-ils pas aussi désignés comme les responsables de la crise financière ?

En effet. Mais je le dis haut et fort, ce n’est pas en diabolisant les chefs d’entreprise, comme on l’a fait à une époque avec les politiques, qu’on trouvera des solutions. Notre avenir, nos emplois, qu’on le veuille ou non, sont entre les mains des décideurs économiques. Ils ont fait des erreurs mais on ne peut pas les remplacer du jour au lendemain. Il faut réfléchir et travailler avec eux.

Les banques aux États-Unis en particulier semblent pourtant résister à toute idée de régulations ?

Elles n’y échapperont pas. Il n’y a pas le choix. C’est comme la réforme de santé, elle doit avoir lieu sous une forme ou une autre car on ne peut pas laisser sur le carreau 20 ou 30 millions de personnes. C’est impensable.

Quel sera le format du New York Forum ?

Il sera dédié à l’économie à 100 % et obsessionnellement tourné vers l’action. Je veux également veiller à ce qu’il reste à taille humaine (ndlr, environ 500 invités) car une des leçons que j’ai tirée de mon expérience, c’est qu’on a vraiment du mal à travailler à 4 000 – 5 000 personnes, comme c’est le cas pour le Forum de Davos. Le New York Forum se veut vraiment un lieu d’échanges et de collaborations. J’apporte la logistique et les ingrédients pour que les participants aient un lieu de réflexion. Le contenu de ce forum leur appartient. Et New York, dont l’ADN est synonyme d’énergie, de créativité et de multiculture est la plate-forme idéale pour un événement comme celui-là.

Quelle serait l’affiche idéale du Forum ?

Que soient présents autour de la même table des grands capitaines d’industrie ainsi que des entrepreneurs innovants et que tous ces gens soient sollicités par des experts. Un bon exemple est Carlos Ghosn, le CEO de Renault-Nissan qui a apporté les moyens de son groupe  à un jeune entrepreneur israélien (ndlr, Shai Agassi, fondateur de Better Place Project, une start up qui conçoit des stations de rechargement pour voitures électriques) afin de réinventer un pan de l’économie du secteur de l’automobile. On peut appliquer cette démarche à tous les secteurs, la santé, les services financiers, les médias…

Le partenaire média du Forum, le New York Times, relaiera auprès du public les échanges qui s’y tiendront. Comment s’effectuera le relais auprès des politiques ?

J’ai pensé à deux façons de les impliquer. La première est d’inviter les responsables politiques à la condition qu’ils fassent partie des débats et des discussions. En tout cas qu’ils écoutent. Les décideurs politiques et économiques ont des contraintes différentes. Il est important que les uns et les autres s’expliquent pour trouver des solutions communes. L’autre ambition c’est que 48 heures après le New York Forum, une délégation de chefs d’entreprise se rendent au sommet du G20 à Toronto où seront présents les plus grands décideurs de la planète et qu’ils présentent leurs recommendations.

Parallèlement au New York Forum, se déroulera la conférence « Dialogue for action » de la fondation de votre épouse Cecilia Attias, qui défend les droits des femmes.

Cette conférence aura pour but de mettre en scène un certain nombre d’ONG en face de responsables économiques et politiques ainsi que d’experts. L’objectif, c’est qu’à la fin de la journée de travail, un consensus ait été atteint sur ce que sont, par continent, les priorités sur la cause des femmes. Et voir comment les secteurs public et privé peuvent agir ensemble. Mon épouse et moi, nous avons l’action comme dénominateur commun… Nous sommes obsédés par le résultat.

Info pratiques :

The New York Forum- du 22 au 24 juin

New York Public Library / Grand Hyatt Hotel

www.ny-forum.com

The experiencecorp.com.

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