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Richard Gasquet contaminé à la cocaïne à son insu: plausible mais difficile à défendre

Le joueur de tennis Richard Gasquet, qui dit s’être fait piéger lors d’une soirée en Floride, peut techniquement avoir ingéré de la cocaïne à son insu au vu des résultats de son contrôle antidopage, mais si la thèse demeure plausible elle sera très difficile à défendre selon des experts.

L’agent de l’ex-N.1 français a révélé mardi soir que le joueur avait été contrôlé positif à la cocaïne le 28 mars en marge du tournoi de Miami avec un taux de 151 ng/ml dans ses urines, dix fois moins qu’un taux avancé dimanche par plusieurs médias, qui avait suscité de multiples interprétations.

Toute trace de cocaïne détectée entraînait auparavant un contrôle positif, mais afin d’éviter précisément que des athlètes victimes de contamination orale ne soient pénalisés, les laboratoires accrédités par l’Agence mondiale antidopage (AMA) ont désormais pour recommandation de ne déclarer que les résultats supérieurs à 50 ng/ml.

En médecine, le seuil de détection est fixé à 300 ng/ml et les patients traités pour toxicomanie présentent des taux de 1000 ou 2000, selon le Pr Michel Reynaud, responsable du centre de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif (Val-de-Marne).

Le taux mesuré dans les urines de Gasquet, qui peut paraître infime en comparaison, ne peut pour autant servir à tirer une quelconque déduction.

“La cocaïne s’élimine très vite. Un taux bas peut vouloir dire soit que la dose prise récemment a été minime, soit qu’une dose normale a été prise il y a trois jours”, estime Jean-Claude Matysiak, chef du service de traitement des maladies addictives de l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).

Un mauvais produit dopant

Richard Gasquet peut-il avoir absorbé de la cocaïne à son insu, lui qui entend réunir “les preuves de son innocence” en vue de sa prochaine audience devant le tribunal antidopage de la Fédération internationale de tennis qui décidera de son sort ? Les spécialistes restent prudents, eux qui sont habitués à traiter des consommateurs de drogues volontaires.

“Tout est plausible”, avance le Pr Reynaud. Il estime cependant qu’il faut plus qu’une paille contaminée ou un baiser pour aboutir à un taux de 151 ng/ml dans les urines.

Le Pr Matysiak abonde dans le même sens: “Effectivement, il peut y avoir dans les faits une ingestion involontaire de cocaïne, cela peut arriver, comme il y a des esprits malveillants qui font ingérer à d’autres des tranquillisants, tels que la drogue du viol, maintenant aller trancher sur un dosage si cela a été volontaire ou involontaire me paraît extrêmement compliqué”.

Médecins comme experts de la lutte antidopage s’accordent pour dire que la cocaïne n’est pas un bon produit dopant, même si elle demeure sur la liste des stimulants interdits en compétition.

Une prise provoque très rapidement l’euphorie, un sentiment de toute puissance et réduit les sensations de douleur et de fatigue. Mais après une ou deux heures, l’excitation retombe pour laisser place à un état dépressif et à l’anxiété.

Mauvais dopant ou non, cela ne peut servir de justification à Richard Gasquet. Car comme tout sportif de haut niveau, il n’est pas censé ignorer le règlement qui la proscrit et prévoit deux ans de suspension en cas de contrôle positif en compétition.

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