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Richard Wright, écrivain engagé

L’Alliance française de San Francisco a projeté jeudi soir Richard Wright-Black Boy qui reçut l’Emmy Award du documentaire en 1996. Le film retrace la vie de Richard Wright, l’un des premiers écrivains Afro-Américains de best seller, d’origine africaine qui passa les dix dernières années de sa vie en France où il se lia d’amitié avec Camus et Sartre.

Si Barack Obama peut aujourd’hui prétendre à la présidentielle c’est sans doute grâce à des hommes tels que Richard Wright qui par son combat et son engagement a contribué à briser les barrières raciales aux Etats-Unis. « Les mots peuvent être des armes contre l’injustice » écrivait Richard Wright. Issu d’une modeste famille de fermiers noirs du Mississippi, il devient en quelques années l’un des auteurs américains les plus vendus. Richard Wright quitte très tôt les bancs de l’école et enchaîne divers petits emplois avant d’entrer comme employé de poste au bureau de Chicago en 1927. Il y rencontre des sympathisants communistes et s’engage alors dans le parti. Il publie ses premiers poèmes et nouvelles dans des journaux engagés, tels que le New Masses ou le Daily Worker dont il devient rédacteur en chef pour l’édition de Harlem en 1937. Quatre ans plus tard, il publie Native Son qui connaît immédiatement un immense succès. Plus de 250 000 exemplaires sont vendus les six premières semaines. Le livre inspiré de la vie de l’auteur, retrace l’histoire de « Bigger Thomas », un jeune homme noir venu chercher du travail à Chicago. Wright y décrit l’oppression physique et mentale que subissent les Afro-américains de l’époque.

L’exil en France

Pour échapper aux poursuites du gouvernement fédéral américain contre les communistes au moment du maccarthisme, Richard Wright part se réfugier en France en 1946 avec sa femme et sa fille. La France est selon lui, « le seul pays où il pourra continuer à exprimer ses idées librement. » À Paris, il rencontre Jean Paul Sartre et Albert Camus et s’intéresse au courant existentialiste dont il s’inspire pour son deuxième roman The Outsider (1953). En 1947, Richard Wright prend la nationalité française et s’engage dans un nouveau combat, la lutte pour l’indépendance des peuples coloniaux. Il participe à la conférence des non-alignés à Bandung en 1955 dont il rédige un rapport intitulé Le rideau de couleur. A Paris, il prend parti pour l’indépendance algérienne aux côtés d’autres intellectuels français dont Sartre et Camus. Richard Wright passera les dernières années de sa vie entre Paris et sa maison en Normandie où il rédige de nombreux ouvrages engagés tels que Ecoute, homme blanc ! (1957) ou Une faim d’égalité (posthume 1977). Il meurt d’une crise cardiaque à Paris à 52 ans seulement, laissant derrière lui une œuvre dont il souhaitait qu’elle serve à « rassembler deux mondes, celui des blancs et celui des noirs, afin de n’en faire plus qu’un. »

 

  • J’ai lu UN ENFANT DU PAYS de ce monsieur et, à la dernière page avant de refermer le livre: j’ai pleuré ! C’est vous dire à tel point Richard Wright m’a touché par son roman, en partie autobiographique.

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