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Rio-Paris : erreurs de pilotage

Les enquêteurs français vont dévoiler vendredi le “scénario” de la catastrophe du vol AF447 Rio-Paris, avec de nouveaux éléments permettant de décrire “le déroulement de l’accident” de l’A330 d’Air France, mais pas d’en arrêter les causes ou les responsabilités.

Chargé de l’enquête technique dans ce dossier aux enjeux énormes, le Bureau d’enquêtes et d’analyse (BEA) rendra public à partir de 14 heures 30 son troisième rapport intermédiaire sur le crash, qui a fait 228 morts le 1er juin 2009 au large du Brésil.

Selon le BEA, le document apportera “des premiers points d’analyse et de nouveaux faits établis à partir de l’exploitation des données” des boîtes noires de l’Airbus, repêchées début mai, qui “vont permettre de pointer les défaillances qui ont conduit à l’accident, mais non leurs causes”.

Il devrait être assorti de recommandations visant à améliorer la sécurité aérienne.

Il faudra en revanche attendre le rapport final et la décision de la justice pour déterminer les responsabilités, alors qu’Air France et Airbus sont mis en examen pour homicide involontaire.

“La responsabilité des uns et des autres, c’est un sujet judiciaire, ce n’est pas le rôle des enquêteurs du BEA”, a réaffirmé vendredi sur RTL la ministre de l’Ecologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, soucieuse d’alléger la pression pesant sur les épaules des enquêteurs.

“Le BEA établit des faits. Sur la base de ces faits, il établit des recommandations”, a-t-elle souligné, avec le souhait “que les autorités internationales de sécurité aérienne puissent examiner sans délai” les recommandations qui sortiront du rapport.

“Le troisième rapport d’étape va pouvoir dire, établir: voilà le scénario de l’accident”, a résumé jeudi soir une porte-parole du BEA.

“Mais il y a encore beaucoup de points que l’on doit travailler”, a-t-elle souligné, réagissant aux spéculations relancées ces derniers jours sur une possible responsabilité des pilotes dans l’accident.

Le Figaro affirmait dès jeudi soir que le nouveau rapport “met en cause l’équipage” qui n’aurait notamment “pas compris que l’avion avait décroché”, selon le quotidien.

“Ces éléments sont parcellaires et réducteurs”, a souligné la porte-parole du BEA: demandant de “pas confondre circonstances et causes d’un accident”, elle appelle à “laisser le BEA poursuivre son travail” dans une enquête “loin d’être terminée”.

Les proches des victimes espèrent, eux, que le rapport apportera “des précisions sur le plan technique, sur les dernières trois minutes 30, de manière à se faire une idée des réactions des pilotes”, a déclaré Robert Soulas, président de l’association Entraide et Solidarité AF447.

Comme les familles des victimes allemandes de la catastrophe, il juge “trop orientées vers la faute de pilotage” les informations du précédent rapport, qui présentait fin mai le film des derniers instants du vol.

Il était apparu que le pilotage automatique s’était désactivé à la suite du givrage des sondes Pitot, de marque française Thales, censées mesurer la vitesse de l’avion. Pendant un peu moins d’une minute, les pilotes avaient reçu des informations de vitesse contradictoires.

L’avion avait ensuite décroché. Le pilote aux manettes avait tenté à plusieurs reprises de le “cabrer”. Or, selon plusieurs experts, lorsqu’un avion décroche, il faut piquer nez en avant pour reprendre appui sur l’air.

Plus de deux ans après le crash, la catastrophe du Rio-Paris n’a toujours pas été élucidée précisément. A ce jour, le givrage des sondes Pitot est la seule défaillance établie, mais les enquêteurs ont toujours estimé qu’elle ne pouvait expliquer à elle seule l’accident.

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