Subscribe

Robert Hossein: un dernier spectacle, à Lourdes, pour “un monde blessé”

“Donner un sens dans un monde blessé”: le metteur en scène, Robert Hossein, 82 ans, prépare son “dernier grand spectacle”, “Une femme nommée Marie”, qui sera joué une seule fois, le 13 août prochain sur l’esplanade des Sanctuaires de Lourdes, devant 20.000 à 30.000 personnes.

Acteur, réalisateur, metteur en scène de spectacles historiques à grand succès, Robert Hossein avait annoncé cette création autour du miracle de Lourdes de 1858 en août dernier dans la cité mariale. “Ce sera mon dernier projet. J’ai eu l’autorisation de jouer à Lourdes et d’utiliser l’eau de la grotte, grâce à Dieu un peu. J’ai le droit à une représentation unique en création mondiale, le 13 août 2011, devant 3.000 malades et 20 à 30.000 spectateurs”, a-t-il précisé vendredi, lors d’un entretien avec l’AFP. “Je passe mes journées à faire la manche pour le financer car je veux le faire. Je veux donner un sens dans un monde blessé, désorienté, complètement perdu. Je trouve que nous avons perdu ce mot magique: l’espoir.”

Ecrit avec Alain Decaux, en collaboration avec l’évêque de Lourdes, Mgr Jacques Perrier, le spectacle mettra en scène des centaines de figurants autour de deux personnages: Marie racontant les évangiles à Bernadette Soubirous, témoin de ses apparitions dans la grotte de Massabielle, il y a 152 ans. Robert Hossein a pour dernière ambition de rassembler “croyants ou non-croyants”, qui “ne seront plus les mêmes en sortant”.
“Bernadette est un personnage important, symbolique, tout simplement parce que cette petite était ignorante, et nous sommes tous ignorants. Il y a des gens qui se croient indispensables alors qu’il faut être humble, partager. Moi, je suis né pauvre, je sais ce que c’est”, dit-il. Enregistré en direct grâce à 18 caméras et projeté en 3D sur des écrans installés autour de la Basilique de Lourdes, le spectacle sera retransmis dans le monde entier, en plusieurs langues. “Cela fait deux ans que je le prépare. Depuis que je suis allé à Lourdes, c’est une évidence”, souligne-t-il, encore ému par son premier séjour dans la ville de pèlerinage des Hautes-Pyrénées, il y a deux ans: “Je le jure, quand je suis arrivé sur l’esplanade, j’ai eu comme un choc épouvantable, je suis tombé. Deux minutes après je me relevais et riais, mais j’en suis sorti bouleversé”.

Spécialiste des fresques historiques sur de grands personnages – De Gaulle, Jules César, Marie-Antoinette ou Bonaparte -, Robert Hossein est entré dans le Guinness Book, en 1998, pour avoir battu tous les records d’affluence avec son spectacle “Un homme nommé Jésus”. “Il est temps de considérer la fin”, confie-t-il: “Je suis un vieux con mais encore lucide et toujours en vie. Après ce spectacle, je m’asseyerai et je regarderai comment il traverse le monde. C’est important, surtout pour les déshérités.”
La semaine passée, le Théâtre Marigny à Paris, que Robert Hossein a dirigé de 2000 à 2008 et auquel son nom était associé, a été débaptisé. Pour lui, “c’est un petit incident. C’est vrai que je ne pouvais pas le garder, je n’y suis plus. Triomphes ou échecs, je n’y suis pour rien.”

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related

  • Les visages sucrés de Pascal BaudreyLes visages sucrés de Pascal Baudrey Boulanger-pâtissier installé à San Francisco depuis quatre ans, Pascal Baudrey sculpte des personnages en sucre. Par amour du challenge mais aussi pour apporter un peu de douceur à ce […] Posted in Culture
  • Les Français mordus des cours de cuisineLes Français mordus des cours de cuisine Après la théorie livrée dans les blogs et les livres de recettes, place à la pratique. De plus en plus de grands chefs ouvrent des écoles de cuisine pour le grand public et les […] Posted in Culture