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Rodica Prato, une artiste en exil

Depuis la fin des années 70, l’illustratrice Rodica Prato vit à New York. Ancienne artiste résidente du Carnegie Hall, son travail est très connu pour avoir été publié dans The New York Times, Vanity Fair ou dernièrement, le nouveau guide historique de l’association de la Maison Blanche.

À quelques encablures de Central Park, sur la 58ème rue, Rodica Prato a installé son bureau, dans une des pièces de son appartement. Non par choix, mais parce il y a trois ans, elle a été prise au dépourvu par une expulsion aussi rapide qu’incompréhensible. Jusqu’en 2008, l’illustratrice française et son mari faisaient partie des artistes résidents du Carnegie Hall. Célèbre salle de concert new-yorkaise, située à l’angle de la 57e rue et de la 7e avenue, le Carnegie a accueilli des chanteurs comme Judy Garland, Marilyn Monroe y a pris des cours de théâtre, certains artistes ont même vécu dans les ateliers nichés dans ses tours. Des tours que Sandy Weill, le président du conseil d’administration des lieux, a décidé de détruire il y a trois ans, pour créer de nouveaux espaces d’éducation musicale, des locaux d’archives et des bureaux administratifs pour le personnel du Carnegie Hall.

Illustrations de la Maison Blanche

« J’étais installée là-bas depuis la fin des années 70 », se souvient Rodica Prato, en montrant un animal criblé de couteaux ensanglantés, image qu’elle a dessinée lors de son expulsion. «  J’ai eu la chance d’avoir un studio, suite à une série de circonstances extraordinaires, qui montrent que, quelque part, la vie est tracée. »

Rodica Prato, est née en Roumanie, mais ne veut pas dire en quelle année. Après des études d’architecture à Versailles, elle a pris la nationalité française, comme son père. En 1975, elle est arrivée à New York, avec son mari. Une ville dont le couple n’est jamais reparti. Aux États-Unis, elle est connue notamment pour avoir contribué aux ouvrages de Martha Stewart, de Garrison Keillor, à certaines publications comme The New York Times, à des magazines comme Vanity Fair ou National Geographic.

Dernièrement, c’est la White House Historical Association qui lui a passé commande, à l’occasion de la publication, en 2011, d’un guide historique pour le cinquantième anniversaire de l’organisme. Avec une vraie application, Rodica Prato a travaillé durant dix-huit mois sur ces quatre planches, représentant certaines parties de la Maison Blanche. « L’association m’a envoyé beaucoup de photos afin que je puisse réaliser tous les petits détails. »

L’âme d’un Compagnon bohème

L’esprit bohème, avec une vraie douceur dans la voix, l’illustratrice évoque l’esprit des Compagnons de France, lorsqu’il s’agit de parler de son travail. « ‘Que vous connaissiez votre métier d’une façon parfaite, que le travail soit considéré par vous, non pas comme une obligation, mais comme la mission la plus noble ; faites de votre métier une religion.’ Je partage exactement cette mentalité de constructeur de cathédrales. »

Depuis sa plus tendre enfance, Rodica Prato dessine, certainement un peu inspirée par sa mère, ouvrière dans le textile, et peintre à ses heures. Son style est précis, sa touche minutieuse et son trait fin. « J’aime beaucoup tous les thèmes qui sont liés au voyage ou à l’imagination », explique la dame au cheveux blonds. « Je ne refoule jamais les choses. »

Derrière la signature Prato, il y a aussi, depuis trente ans, le soutien d’un homme, son mari, Roland Caracostea. « Sans lui, je ne serais rien », explique l’artiste. A ses côtés, il officie donc comme directeur artistique et designer graphique, lui facilitant la tâche face à l’utilisation des nouvelles technologies. « Il y a moins de travail, c’est sûr. La révolution de l’ordinateur a tout changé et les gens ne veulent plus payer les artistes qui ont du talent », déclare ce Français originaire de Paris. «  Rodica, je ne la conseille pas. Si elle me demande mon avis, je le lui donne. En tout cas, elle a beaucoup d’idées. »

Ensemble, ils ont eu un fils, Savinien, 23 ans, ancien élève au Lycée français de New York. Pâtissier, vidéaste, musicien, architecte, le jeune homme sait tout faire, et fait la fierté de sa mère. « C’est un génie », commente-t-elle. « Elle ne dit pas ça parce que c’est son fils », ajoute avec un sourire le mari.

Aujourd’hui, Rodica aimerait raconter l’histoire d’une vie en l’illustrant, comme une biographie qui prendrait forme sous son crayon aquarelle. En attendant de trouver cette histoire, l’illustratrice cherche à reloger son talent. Elle aimerait trouver un nouvel atelier à New York, à la Westbeth Artists Housing ou à The Elizabeth Foundation for the Arts. Mais les listes d’attentes restent encore très longues.

Pour en savoir plus:

http://www.rodicaprato.com/

Le film Lost Bohemia raconte l’histoire des artistes expulsés du Carnegie Hall. Il est sorti en avril dernier.

  • bonjour est tu celle que j ai rencontree chez un certain christian pagano dont le bureau se situait rue du regard a paris.endroit ou nous avons ete pris souvent de fous rires nous moquant de ce pretre et de son assistante rose marie?

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