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Roger Federer marque un point décisif face aux légendes du tennis

En gagnant enfin Roland Garros, Roger Federer a marqué un point décisif dans sa lutte à distance avec les autres légendes du tennis pour le titre honorifique de plus grand joueur de l’histoire.

Le concurrent à qui l’on pense le plus naturellement est Pete Sampras, puisque c’est lui que le Suisse vient de rejoindre au nombre de tournois majeurs remportés (14). Mais son palmarès n’égale pas celui de Federer en qualité, car à Paris, Sampras n’a jamais dépassé les demi-finales. Et comme l’Américain a remporté son dernier US Open à 31 ans, il reste encore du temps à Federer, 28 ans en août, pour le distancer aussi en quantité.

Moins souvent cité car plus éloigné dans le temps, Rod Laver est peut-être celui qui possède le plus d’arguments en sa faveur. Contrairement à Federer, l’Australien a réussi à deux reprises (1962, 1969) le défi ultime en tennis, le Grand Chelem, qui consiste à remporter la même année l’Open d’Australie, Roland Garros, Wimbledon et l’US Open.

S’il n’est que quatrième au nombre des titres majeurs (11), il faut tenir compte du fait que Laver a passé cinq saisons, potentiellement les meilleures de sa carrière, chez les professionnels, de 1963 à 1967. Si la réunification avec les amateurs avait eu lieu avant 1968, avec combien de trophées aurait-il fini sa carrière ?

En revanche, le fait que Federer se soit imposé sur trois surfaces (gazon, dur et terre) contre seulement deux pour Laver (gazon, terre) plaide en sa faveur. Et surtout la concurrence est devenue mondiale alors que le tennis était avant tout une affaire australo-américaine du temps de « Rocket Rod ».

La barre encore plus haut ?

Comme Federer, Björn Borg a marqué les esprits par le caractère écrasant de sa suprématie. À son époque (1974-1981), l’Open d’Australie avait perdu de son lustre et n’attirait que rarement les meilleurs mondiaux. Ainsi le Suédois n’y a-t-il participé qu’une fois. Avec quatre Grands Chelems au programme au lieu de trois, « Ice Borg » aurait peut-être gagné plus de 11 titres majeurs.

On peut noter aussi que le Scandinave a interrompu sa carrière en pleine gloire, à 25 ans, avant d’avoir épuisé son potentiel de victoires. Mais il s’est toujours cassé les dents sur l’US Open, où il perdit quatre fois en finale.

Reste Andre Agassi, l’un des six à avoir réussi le « Grand Chelem en carrière » et le premier à l’avoir fait sur trois surfaces différentes. Mais avec « seulement » huit trophées majeurs, il ne soutient pas la comparaison quantitative. Et jamais il n’a tenu le tennis mondial d’une main aussi ferme que le Suisse dans ses grandes années.

Un autre Américain, John McEnroe, a aussi ses soutiens, à cause de son génie non académique. C’est lui qui a réussi ce qui reste comme la meilleure saison jamais accomplie avec seulement trois défaites en 1984. Mais « Big Mac » n’a « que » sept trophées majeurs à son actif.

Et pour l’avenir ? Parmi les joueurs en activité, Rafael Nadal tient pour le moment un rythme de recordman potentiel avec six titres dans trois Grands Chelems différents à seulement 23 ans.

Mais il n’est pas exclu que Federer place la barre encore beaucoup plus haut dans les années à venir. N’a-t-il pas toujours dit qu’il n’envisageait pas la retraite avant les jeux Olympiques de 2012 ?

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