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Romain Duris et Déborah François revisitent l’âge d’or des comédies hollywoodiennes

Populaire, qui reprend les codes des comédies américaines à succès des années 50, sort ce vendredi 6 septembre aux Etats-Unis. France-Amérique a rencontré à New York les deux acteurs principaux, Romain Duris et Déborah François.

France-Amérique : Populaire, dont l’action se situe en 1958, est un film volontairement kitsch, qui flirte toujours avec le ridicule. Est-ce difficile en tant qu’acteur d’en faire beaucoup sans en faire trop ?

Romain Duris : Dans chaque scène, on se permet de toucher les limites. C’est à dire qu’on va dans le “trop” et puis on freine après. Quand j’assiste au championnat dactylographique – un événement déjà assez drôle en soi – , mon personnage, qui a toujours rêvé d’être numéro 1 est dans un état fébrile, proche de l’orgasme. Je suis allé très loin dans les grimaces et les gestes, sans doute trop, sur certaines prises. Je suis content de l’avoir fait, mais heureux de voir qu’au montage ils ont gardé ce qui était dans les limites du ridicule.

Débarah François : Le but était de faire un entre-deux entre le jeu des actrices américaines des années 50 qui forçaient énormément le trait, et le jeu d’une actrice française contemporaine qui colle au réél. Le long-métrage est déjà rétro dans l’ambiance. Si en plus les acteurs avaient été dans l’extravagance, le film aurait été lourd et pas pris au premier degré.

Qu’avez vous pensé du scénario – qui tourne autour d’un concours de vitesse dactylographique – lorsque vous l’avez reçu ?

Romain Duris : J’ai aimé l’originalité mais surtout l’époque : les années 50. J’aime beaucoup les couleurs, le design, l’esthétisme. Les années 50-60 vont très bien au cinéma. Les meubles, les voitures, les objets de la vie quotidienne sont fascinants et beaux. Les gens avaient du style. Quand on a la chance de faire un film qui a un peu de moyens, c’est un rêve d’acteur que de se plonger dans ces années-là.

Le film est comparable aux comédies romantiques de cette époque. Avez-vous regardé et analysé ces films pour préparer vos personnages ?

Déborah François : Oui, cela a été un gros travail en amont. Audrey Hepburn a été une grande influence. Mais aussi Lauren Bacall, Marylin Monroe. Elles arrivaient à avoir l’air naturel à l’écran tout en ne l’étant pas du tout. Elles surjouaient mais restaient très touchantes. Quand on voit leurs films, on sait que l’on n’est pas dans la réalité, mais ce n’est pas dérangeant. Cela n’enlève rien à l’émotion. J’ai beaucoup appris de leurs manières : leur façon de s’asseoir, de s’adresser aux gens, de se tenir très droites. Audrey Hepburn avait un maintien incroyable. Pour la toute première fois dans des comédies hollywoodiennes, les personnages principaux étaient interprétés par des femmes. Et autour d’elle il n’y avait que des rôles masculins. C’est un peu le cas aussi dans Populaire. Le film est directement inspiré des classiques de l’âge d’or d’Hollywood.

Romain Duris : Même si de mon côté, j’ai voulu revoir les classiques de Franck Capra avec James Stewart, j’ai plutôt cherché à m’inspirer des acteurs et des films français de l’époque, par exemple Les Tricheurs de Marcel Carné, ou encore Les Cousins de Claude Chabrol. C’est dans ces films-là qu’on comprend à quoi pouvait ressembler un provincial dans les années 50. Et comme dans Populaire, je suis censé séduire, j’ai dû comprendre comment on draguait à l’époque, quelles étaient les mœurs.

Romain, vous avez tourné deux mois et demi à New York pour le film Casse-tête chinois, la suite des Poupées Russes. Comment s’est passé le tournage ?

Romain Duris : C’était génial. Quand on vient à New York avec un but, quelque chose de précis à accomplir, la ville redevient magique. Je dis ‘redevient’ parce que, sans vouloir faire le ringard, New York me faisait davantage rêver il y a 20 ans. La ville devient moins superficielle lorsque l’on y vit. A la fin des années 90, c’était quand même différent, même si ce n’était déjà plus les folles années 80. Si l’âme de la ville est un peu partie, j’ai pu la retrouver grâce au tournage, car j’ai rencontré des mecs qui sont nés à New York. Ils m’ont fait apprécier le Lower East Side, qui n’a pas trop bougé, et Brooklyn. Cédric Klapisch (ndlr : le réalisateur) avait fait ses études de cinéma à NYU et il voulait absolument retrouver le New York dont il se souvenait.

Cliquez ici pour connaître les séances de Populaire aux Etats-Unis


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