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Romain Duris, un arnacœur décomplexé à New York

Figure familière du cinéma hexagonal, la vedette de L’Arnacœur, qui sort en salles aux États-Unis, sera au BAM de New York mercredi 25 août en compagnie du réalisateur Pascal Chaumeil. Pour France-Amérique, Romain Duris a accepté de revenir sur sa carrière d’une voix amicale qui incite au rire partagé.

Le BAM vous consacre un cycle qui retrace en quelques grands films l’évolution de votre carrière. Avez-vous l’impression d’être arrivé à un tournant ?

Oh, ça va… (Rires). Un cycle, ce n’est pas encore un bouquin ou un coffret comme on fait pour les réalisateurs en fin de carrière ! Pour moi, les tournants se situent plutôt sur le plan de la découverte. C’est à la fois personnel et technique. Ça peut être une nouvelle interprétation dans le jeu aussi bien qu’une recherche personnelle. Je ne pense pas en termes de carrière mais d’intérêt du scénario ou du rôle. Le reste appartient aux spectateurs… ou aux journalistes (Rires) !

Vous incarnez un certain cinéma d’auteur à la française mais on vous a vu jouer aussi dans des productions américaines comme Le Divorce ou C.Q. de Roman Coppola et actuellement dans une comédie avec L’Arnacœur

Rien n’est calculé dans ma filmographie. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal à prendre ma décision pour L’Arnacœur. Au début, je voyais mal ce que je pouvais faire dans un tel film. Ensuite, au fil des discussions avec Vanessa Paradis et le réalisateur, on a réalisé qu’on voulait faire le même type de film. Quelque chose qui allie la légèreté à la liberté de ton et qui laisse de la place à l’improvisation. Avec du punch !

L’Arnacœur ne possède pas vraiment une structure de comédie à la française…

Non, en effet. C’est parce que Jeremy Doner, le collaborateur du scénario, est américain. Il écrivait la série Damages. Pascal Chaumeil est également d’abord un réalisateur de série, alors il a aussi le sens du rythme à l’américaine. Même si on ajouté des éléments de romantisme au scénario original avec Vanessa Paradis, surtout vers la fin…

Ne craignez-vous pas de perdre votre aura d’acteur indépendant en passant d’un rôle dramatique comme De battre mon cœur s’est arrêté à la comédie sentimentale ?

C’est vrai qu’avant de tourner dans L’Arnacœur, j’enchainais depuis pas mal de temps les rôles sombres. Audiard avec De battre mon cœur s’est arrêté, Persécution de Patrice Chéreau, Afterwards de Gilles Bourdos. C’est agréable de revenir à un registre plus léger après tout ça. J’ai besoin d’alterner les deux. J’aime aussi la diversité et les changements de rôles. Mais très vite, j’ai ressenti le besoin de revenir à un cinéma plus profond. Pas forcément dramatique, mais plus profond.

Avec 34 films à votre actif, qu’attendez-vous aujourd’hui d’un script ?

La même chose qu’hier. Quelque chose de frais, de pêchu, de bien ficelé. Je lis un script comme je lis un bouquin. J’essaie surtout de garder mon inspiration intacte. Si ce n’est pas le script ou le rôle qui me décide, ça peut être le réalisateur. Je veux rester frais et spontané à tout prix par rapport à mes choix. Que ce soit un drame ou une comédie n’est pas le plus important à mes yeux. C’est d’abord le jeu et le personnage qui m’intéressent.

Vous avez tourné avec John Malkovich. Frapperiez-vous facilement à la porte des studios d’Hollywood ?

Le problème avec Hollywood, c’est que je ne veux pas être cantonné au rôle de l’amant français. J’ai reçu beaucoup de scripts me proposant de jouer l’amant français mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ceci dit, je laisse les portes grandes ouvertes. Tous les plus grands réalisateurs – Woody Allen, Scorsese, Tarantino, etc. -, sont làbas. J’adore aussi James Gray, le réalisateur de Two Lovers. Son univers noir, sa représentation de New York, très différente de celle de Woody Allen…

Appartenez-vous au club des nostalgiques du New York d’antan ?

Je ne sais pas (rires). C’est une ville qui m’a énormément plu à 20 ans. Peut-être parce que c’était la première fois et peut-être à cause de l’âge… C’est vrai que c’était un rêve de gosse. New York m’a mis une énorme claque à l’époque. C’était juste avant que le maire Giuliani aseptise la ville… Aujourd’hui, l’énergie est toujours là. Ça bouge dans tous les sens, il se passe toujours quelque chose, là, partout ! C’est dur de rester calme dans cette ville-là. Mais j’ai l’impression que ça devient très chic, très luxe, comme toutes les capitales du reste. L’architecture est toujours à Manhattan, mais l’ambiance, c’est plutôt dans le Queens ou à Brooklyn qu’il faut aller la chercher j’ai l’impression.

Vous parlez l’anglais couramment ?

Je m’y remets régulièrement pour des interviews avec plus ou moins de facilité (rires). Sur le plateau d’Afterwards, j’ai adoré travailler la langue. Mais je ne peux pas encore jouer un Américain. Je ne suis malheureusement pas Juliette Binoche !

Il parait que vous êtes fan de l’écrivain Charles Bukowski ?

Oui, sa façon d’écrire et sa liberté m’ont bouleversé quand j’étais adolescent. Mémoires d’un vieux dégueulasse, Contes de la Folie ordinaire, Women. On peut tout lire chez Bukowski, on est toujours sur le fil… borderline !

Cela correspond-il à votre personnalité ?

Sûrement… (Un ange passe). Ce n’est pas toujours facile de trouver son équilibre, surtout dans ce métier. Mais j’y travaille, vous savez ! Et puis, il paraît qu’on a toute la vie pour ça. (Rires)

Informations pratiques:

La projection du film Hearbreaker (L’Arnacoeur) débute à 6.50pm et sera suivie d’un Q&A avec Romain Duris et Pacsal Chaumeil pour échanger avec le public à l’issue de la projection,  mercredi 25 août, au BAM de New York.

Rétrospective Romain Duris au BAM

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