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Romain Duris

Il est discret et passionné, intense et secret, authentique et direct. Le jeune chien fou, épris de musique et d’aventure de Gadjo Dilo, de Tony Gatlif, ou l’agent immobilier véreux rêvant de devenir pianiste dans De battre mon coeur s’est arrêté, de Jacques Audiard, change une nouvelle fois de genre et de registre. Le voici dans Molière, film de Laurent Tirard où il incarne l’acteur et le directeur de troupe Jean-Baptiste Poquelin, auteur notamment du Bourgeois gentilhomme et de L’École des femmes, confronté à ses personnages.

1644. Molière a 22 ans. Directeur de L’Illustre-Théâtre, troupe fondée en 1643 avec sa maîtresse Madeleine Béjart (Sophie-Charlotte Husson), il ne veut monter que des tragédies, mais va donc d’échec en échec. Criblé de dettes, poursuivi par les huissiers, il est alors enfermé à la prison du Châtelet et sauvé par le bourgeois gentilhomme (Fabrice Luchini) qui rachète ses dettes. Pas pour ses beaux yeux. Mais pour ceux de Célimène (Ludivine Sagnier), la chipie de marquise que M. Jourdain veut à tout prix séduire. Il a besoin pour cela du talent de comédien et de dramaturge de Molière pour lui apprendre à tourner joliment le compliment et à s’exprimer clairement. Molière s’installe donc chez lui. Là, il courtise Elmire (Laura Morante), la femme de son hôte, et assiste aux témoignages d’amitié intéressés de Dorante (Édouard Baer) à l’égard du crédule Jourdain…

« J’étais très intrigué lorsque Laurent Tirard m’a proposé de jouer Molière, précise Romain Duris. Enfant, j’étais un cancre. J’avais huit ans lorsque l’école nous emmenait voir des pièces de Molière. Et je conservais le souvenir d’un théâtre poussiéreux et ennuyeux. Quand Laurent Tirard m’a donné le scénario, j’ai été heureusement surpris et je me suis rapidement identifié au personnage. » Perfection-niste, Romain Duris s’est investi totalement dans son rôle, lisant cette fois les pièces de Molière, des biographies et, surtout, Le Roman de monsieur de Molière de Boulgakov (dont Ariane Mnouchkine s’est inspirée en partie pour son Molière). De même a-t-il souhaité apprendre à déclamer les alexandrins comme au XVIIe siècle et à écrire avec une plume d’oie. « J’ai pris un plaisir immense à étudier la calligraphie, se souvient-il . Cela me rappelait mes études de dessin aux arts appliqués. » Après cette longue et passionnante remontée dans le temps, Romain Duris est revenu au XXIe siècle pour le tournage du nouveau film de Cédric Klapisch, dans lequel il campe un homme en attente d’une transplantation cardiaque, aux côtés de Juliette Binoche, Fabrice Luchini, François Cluzetet Albert Dupontel.

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