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Roms: l’ONU met la France sur la sellette

La France a été mise sur la sellette à propos de sa politique de démantèlement des camps de Roms lors de la session inaugurale du 15ème Conseil des droits de l’Homme, réuni lundi à Genève.

La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a jugé “préoccupante” la “nouvelle politique” du gouvernement français envers les Roms, “qui ne peut qu’exacerber leur “stigmatisation” et leur “extrême pauvreté”. Ouvrant la session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui se tient jusqu’au 1er octobre à Genève, Mme Pillay a “exhorté les Etats Européens dont la France à adopter une politique permettant aux Roms de surmonter leur marginalisation”. Evoquant les situations “préoccupantes dans des pays spécifiques”, la Haut Commissaire a plus particulièrement déploré “le démantèlement” des camps de Roms en France, et jugé “extrêmement préoccupantes” les “rhétoriques souvent stéréotypées et discriminatoires” faites par des “responsables et les médias”.

“Cela ne peut qu’exacerber la stigmatisation des Roms et l’extrême pauvreté dans laquelle ils vivent”, a-t-elle relevé. La politique de la France envers les Roms ainsi que le virage sécuritaire engagé cet été par le président Nicolas Sarkozy font l’objet de nombreuses critiques dans les milieux humanitaires internationaux qui accusent le gouvernement français de “racisme d’Etat” et de “xénophobie”. La Commission Européenne et le Parlement Européen ont également fait part de leur préoccupation. Amnesty International a exhorté samedi les autorités françaises à “prendre en compte l’appel de l’UE qui lui demande de mettre fin à la discrimination envers les Roms”.

Lundi, le ministre français de l’Immigration Eric Besson a nié être “au courant” d’une circulaire du ministère de l’Intérieur ciblant expressément l’évacuation de campements de Roms. Paris avait déjà été taclé en août par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD). Lors de l’examen périodique de la politique française envers ses minorités, les experts indépendants de ce comité avaient recommandé à Paris d'”éviter les renvois collectifs” de Roms. “Il n’y a pas de “problème Rom”, a rétorqué lundi le Représentant de la France Jean-Baptiste Mattei. “Jamais les autorités françaises n’ont stigmatisé des personnes appartenant à une minorité en fonction de leurs origines”, a-t-il ajouté. “Nous sommes convaincus qu’une politique volontariste doit être menée afin de promouvoir l’intégration sociale et économique des Roms”, a encore assuré l’ambassadeur français.

“Les mesures qui ont été prises par mon gouvernement s’inscrivent strictement dans le respect des lois de la République Française et de la législation européenne”, a dit M. Mattei. “Les installations qui ont été démantelées” étaient illégales, “leur démantèlement s’est fait sur la base de décisions prises en toute indépendance par l’autorité judiciaire” a-t-il insisté. Il a ajouté que “chacune des personnes concernées s’est vu proposer le bénéfice d’une aide au retour humanitaire, voire d’une aide à la réinstallation dans le pays de leur nationalité”.

Pour sa part, le représentant de l’Union Européenne Alex Van Meeuwen a relevé que les Roms sont partie “intégrante depuis plus de mille ans de la civilisation européenne”. “L’Union Européenne ne se dérobera pas aux défis liés à leur intégration” a-t-il assuré, ajoutant qu’elle “dispose d’un cadre légal fort pour combattre la discrimination”. La nouvelle session du Conseil des droits de l’Homme doit se poursuivre dans les jours qui viennent avec la question du réexamen de son fonctionnement en vue de trouver les moyens de mieux remplir son mandat, face aux situations chroniques et d’urgence de violations des droits de l’homme.

 

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