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Roms: Villepin attaque, le gouvernement réplique

Dominique de Villepin a renouvelé mardi ses attaques contre la politique sécuritaire du gouvernement en faisant état d’un “malaise” de plusieurs ministres, préfets ou ambassadeurs face à Nicolas Sarkozy, ce qui a suscité une importante contre-offensive de l’exécutif.

Après avoir évoqué la veille “une tache de honte sur notre drapeau”, l’ancien Premier ministre, surfant sur l’embarras d’une partie de la majorité, a assuré que cette politique n’était pas celle “de la droite” et que “les gaullistes”, “les démocrates-chrétiens”, “les catholiques sociaux” la rejetaient.

“Je rencontre un certain nombre de ministres qui sont malheureux et mal à l’aise” avec cette offensive sécuritaire visant notamment les Roms, a encore fait valoir le président de République solidaire (RS), estimant que c’était également le cas de nombreux “préfets et ambassadeurs”.

Face à cette voix discordante, qui s’ajoute aux nombreuses critiques formulées depuis le discours musclé de Nicolas Sarkozy le 30 juillet à Grenoble, trois membres du gouvernement s’en sont pris à l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac (2005-2007), toujours membre de l’UMP.

“On voit bien qu’il instrumentalise une fois de plus le drapeau français, tout simplement pour nourrir une vieille petite haine recuite”, a attaqué le ministre de l’Industrie Christian Estrosi, un proche du chef de l’Etat.

“La politique que mène le gouvernement en matière d’immigration (…) c’est une politique qui trouve sa base sur le droit, sur des textes législatifs dont certains ont été votés en 2006 quand Dominique de Villepin était Premier ministre”, a rappelé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. “La rancœur ne doit pas effacer la mémoire”, a-t-il ajouté.

Interrogé, le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu a lui réfuté tout “malaise” au sein du gouvernement.”Je ne sais pas sur quoi” Dominique de Villepin se fonde mais “je peux lui dire que l’ensemble du gouvernement est très heureux et très à l’aise avec cette politique”, a-t-il assuré.”Quand il parle du malaise des ministres, il traduit son propre état psychologique: zut, zut, zut, je ne suis plus aux affaires”, a encore ironisé Benoist Apparu.

La virulence des propos tenus par Dominique de Villepin, silencieux jusque là, a surpris dans les rangs de la droite. “Ce sont des propos tellement excessifs qu’ils en sont troublants”, avance un ancien ministre, qui juge “qu’il y a des mots qu’on ne peut pas employer en restant dans le même parti”.

Pied de nez du calendrier, Dominique de Villepin a renouvelé son adhésion à l’UMP durant l’été le jour même du discours de Grenoble marquant un nouveau virage à droite de l’exécutif. “Ça en dit long sur l’incohérence” du personnage, tacle encore le même ex-ministre.

Jean-Pierre Raffarin a lui aussi jugé “excessifs” les propos de M. de Villepin, estimant pour sa part que Nicolas Sarkozy avait été “à la hauteur de sa fonction” dans le débat. L’ex-Premier ministre a toutefois dénoncé la surenchère en oeuvre à l’UMP, “une dérive droitière qu’il convient de corriger”. Il a également exhorté François Fillon à sortir de son silence sur ces questions pour “expliquer les valeurs d’équilibre” de la majorité.

Dans la polémique, Dominique de Villepin a aussi pu compter sur le soutien d’un proche, le député François Goulard, qui a estimé que le président Sarkozy s’était “pris les pieds dans le tapi” en espérant “rameuter la droite, voire l’extrême droite”.

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