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Rosemary’s Baby attendu fin juin au Film Forum de New York

Sommet du cinéma d’horreur psychologique, le film du réalisateur franco-polonais Roman Polanski sera projeté du 28 juin au 4 juillet au Film Forum de New York dans une version restaurée.

Rosemary Whoodhouse (Mia Farrow, 22 ans), s’installe avec son mari Guy (le réalisateur et acteur John Cassavetes) dans les entrailles de l’immeuble Bramford (The Dakota, situé dans l’Upper West Side). Enceinte, elle doit faire face aux assauts d’amabilité de ses voisins, qui se transforment de plus en plus en intrusions.

Rosemary’s Baby est le premier film que Roman Polanski réalise aux États-Unis et sa première adaptation d’une œuvre littéraire, le livre d’Ira Levin. Polanski respecte scrupuleusement les indications du roman, ancrant l’histoire surnaturelle dans une réalité quotidienne. A tel point qu’il a demandé à l’auteur du livre quel numéro du New Yorker Guy Woodhouse lit dans une des scènes. Ira Levin lui a répondu qu’il n’en savait strictement rien. Le film fait partie d’une trilogie sur “l’horreur domestique en appartement”, avec Répulsion (1965) et Le Locataire (The Tenant, 1976).

Roman Polanski utilise magnifiquement l’espace et l’environnement de l’appartement pour transmettre l’angoisse et la paranoïa de la future maman. Le jeune Wong Kar Wai a affirmé avoir découvert la force d’une mise en scène au moment où la caméra s’arrête derrière la porte, au lieu de suivre Rosemary. Polanski filme de façon assez ambiguë pour que l’on ne soit jamais certain d’assister à des événements surnaturels ou aux hallucinations de Rosemary, dont le physique rappelle la pucelle de la Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer (1928).

Tout semble organique, répulsif, vénéneux, à l’image de la décoction toxique de Rosemary doit ingurgiter chaque jour. Le film offre un univers croupi et étouffant, sans que l’humour soit totalement absent. Le réalisateur dévoile l’enfer de l’habitation concentrée en milieu urbain, à l’aide de petites touches glaçantes: la pollution sonore des inquiétants voisins, une porte qui relit les deux appartements. La menace est à la fois à l’extérieur et à l’intérieur du foyer et du corps. Toute notion d’intimité semble disparaître.

Le film dû faire face aux attaques des ligues de vertu comme la Légion de la décence. Une femme aurait hurlé “blasphème!” à l’avant-première à New York. Le succès de ce film à gros budget est à l’origine d’un renouveau satanique associé à l’enfant au cinéma, avec des films comme L’Exorciste de William Friedkin (1973) ou La Malédiction de Richard Donner (The Omen, 1976).

Film Forum de New York

209 West Houston St.

212-727-8110

 

 

 

 

 

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