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Roxane Mesquida : l’étoile montante du cinéma indépendant

L’actrice de 29 ans joue dans deux des films les plus atypiques du moment : Kaboom de Gregg Araki, et Rubber de Quentin Dupieux. A l’occasion de la sortie de Kaboom aux Etats-Unis le 28 janvier, entretien avec Roxane Mesquida.

Les yeux ensorcelants de Roxane Mesquida ont croisé le regard de Manuel Pradal à l’âge de 13 ans alors qu’elle marchait sur une route du Pradet. L’été suivant, elle allait jouer dans son film Marie Baie des Anges. Quatre ans plus tard, en 2001, elle commen sa collaboration avec son mentor, Catherine Breillat, dans A ma sœur ! Grande sœur qui multiplie les aventures sexuelles, sorcière lesbienne ou ange maléfique, les personnages joués par Roxane Mesquida sont démoniaques. Avec Kaboom, film unanimement salué par la critique en France, et Rubber, l’actrice continue dans cette veine.

Comment avez-vous été choisie pour jouer dans Kaboom ?

J’ai rencontré Gregg Araki il y a trois ans à un dîner. Je suis fan de ses films, et lui a aimé les films de Catherine Breillat dans lesquels j’ai joué. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait un rôle pour moi, je ne pouvais pas y croire tellement j’étais heureuse. J’aurais accepté n’importe quel scénario, n’importe quel film, mais j’ai beaucoup aimé le scénario de Kaboom, et Lorelei, que je joue, était mon personnage préféré.

Ce tournage avec un réalisateur américain, Gregg Araki, a-t-il été différent de vos autres expériences?

Je ne me rends pas compte, chaque tournage est vraiment différent. Je joue avec des réalisateurs à la personnalité forte, qui ont chacun leur manière de travailler, qui ne dépend pas spécialement de leur nationalité.

Comment avez-vous réagi au concert d’éloge sur Kaboom ?

Après la projection à Cannes, les journalistes ont applaudi pendant un quart d’heure ! Dès ce moment-là, on savait que le film marcherait très bien. J’étais déjà fan de Gregg Araki, mais pour moi, c’est effectivement l’un de ses meilleurs films.

Rubber, l’histoire d’un pneu tueur, ou Kaboom, détonnant mélange de film adolescent et de parodie de film d’horreur :  pourquoi fait-on appel à vous pour des films aussi atypiques ?

Je ne sais pas, mais j’en suis très contente ! Ça m’intéresse davantage de jouer dans des films atypiques. Et les réalisateurs « atypiques » forment comme une famille. Par exemple, Gregg Araki a fait appel à moi parce qu’il a aimé les films de Catherine Breillat.

Quel effet ça fait de tourner dans un film dont l’acteur principal est un pneu ?

C’est super ! Je n’ai pas trouvé ça étrange, il n’y a plus grand chose qui me semble étrange… Et je n’ai pas de scène avec lui, je ne devais pas donner la réplique à un pneu.

On vous voit toujours dans des films indépendants, c’est une volonté de votre part?

Je fais les films les uns après les autres, sans plan de carrière. Ce n’est pas forcément le cinéma indépendant qui m’intéresse, mais travailler avec certaines personnes plutôt que d’autres.

Pensez-vous jouer à nouveau pour Catherine Breillat, avec laquelle vous avez déjà tourné trois films, dont A ma sœur qui vous a révélée au grand public ?

J’espère. Je l’adore. Elle est très exigeante, elle m’a tout appris et j’ai l’impression d’avoir encore beaucoup à découvrir en travaillant avec elle.

Vous avez coécrit un livre avec votre mère, pourquoi ?

Ma mère est écrivain. Un jour, je l’aidais dans une correction de texte et on s’entendait tellement bien en travaillant ensemble qu’on a décidé d’écrire un roman à quatre main. Je suis très contente du résultat. Il ne reste plus qu’à trouver un éditeur… Je ne sais pas si j’en écrirai à nouveau, j’ai trouvé que l’écriture était un exercice extrêmement difficile, qui ne m’est pas naturel.

Quels sont vos projets ?

J’ai envie de réaliser un documentaire franco-américain sur l’influence de la société sur les adolescents.

 

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