Subscribe

Ruée sur les vêtements d’Alexander McQueen

Les fashionistas londoniennes s’arrachaient vendredi robes et accessoires comme autant de souvenirs d’Alexander McQueen, au lendemain du suicide du créateur britannique, dont la maison de couture reste orpheline en pleine saison de défilés.

A Londres les collaborateurs de la maison de couture choqués par la mort subite à 40 ans du “bad boy” de la mode britannique – confirmée par les proches comme un suicide – estimaient qu’il était encore trop tôt pour se prononcer sur l’avenir de la marque. Alexander McQueen n’aurait pas supporté la mort de sa mère Joyce, intervenue le 2 février, selon des proches.

Le défilé prêt-à-porter féminin prévu à Paris le 9 mars “n’est pas annulé”, a indiqué une porte-parole de sa maison, même si selon la presse, le styliste, profondément affecté par la mort de sa mère, n’était pas sorti de chez lui pour y ajouter les dernières touches depuis plus d’une semaine. Pour l’instant la priorité est de s’occuper des obsèques du créateur, de sa famille et de son héritage créatif, précise sa maison.

Les obsèques devant être strictement privées, quelques anonymes ont rendu hommage au designer en déposant des fleurs devant la boutique à Londres, tandis que de nombreuses fashionistas se sont précipitées pour acquérir l’une de ses créations.

Le groupe LVMH, numéro un mondial du luxe, et la maison Givenchy, pour laquelle Alexander McQueen a travaillé avant d’ouvrir sa propre griffe, ont salué vendredi son “immense sensibilité” et son “grand talent”.

Chez Liberty “dès que la nouvelle a été connue, tout notre stock Alexander McQueen a commencé à disparaître des rayons”, a expliqué à l’AFP Kate Brindley, attachée de presse du magasin de luxe.

L’un des articles les plus prisés était le foulard à tête de mort en soie, objet emblématique du couturier qui a largement décliné les thèmes morbides dans ses collections. Un autre grand magasin londonien, Selfridges, a noté “un bond immédiat et très important des ventes d’Alexander McQueen dans le prêt-à-porter et les accessoires”.

Des achats-hommage

Les clients veulent “acheter quelque chose de lui, n’importe quoi, pour garder un souvenir, mais aussi comme un véritable hommage à son art”, a souligné Anne Pitcher, directrice des achats chez Selfridges.

Les robes et les autres articles arborant les imprimés “reptiles” de la collection printemps-été 2010 d’Alexander McQueen s’arrachaient aussi malgré des prix élevés. Sur le site de vente en ligne Net-a-porter une robe de soie à 2 975 euros, issue de cette collection pour laquelle le créateur avait entremêlé des motifs reptiles, était en rupture de stock.

Une réunion devait être convoquée en urgence avec la direction de la maison de couture et son principal actionnaire, Gucci, pour décider de l’avenir de la marque, selon une porte-parole.

Alexander McQueen avait gagné une grande notoriété dans le monde de la mode et les surnoms de “bad boy” ou “hooligan” en organisant notamment un défilé de mannequins aux vêtements déchirés, suggérant qu’il s’agissait de victimes de viol. Issu d’une famille modeste de l’East-End à Londres, il avait commencé sa carrière comme apprenti chez les tailleurs pour homme les plus réputés de Savile Row, avant d’entrer chez Romeo Gigli et Givenchy.

Gucci avait pris en 2000 une participation de moitié dans la société du créateur qui a commencé à dégager des bénéfices en 2008. Après le grand succès de la collection à motif “reptile” du printemps-été 2010, sa nouvelle collection à Paris en mars était très attendue.

La famille et l’entourage n’avaient pas annoncé vendredi matin de date pour les obsèques, de même qu’ils se refusaient à donner le moindre détail sur les circonstances de la mort. Plusieurs médias ont fait état d’un suicide par pendaison.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related