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Sally Ride, première Américaine dans l’espace et “héroïne nationale”

Tout est parti d’une petite annonce de la Nasa, publiée dans un journal universitaire en 1977, à laquelle Sally Ride avait répondu. Alors âgée de 26 ans et étudiante à la prestigieuse université de Stanford, c’était pour elle le début d’une grande histoire, qui a trouvé son épilogue lundi.

Sally Ride, emportée par un cancer du pancréas lundi, était revenue sur sa carrière pendant une interview marquant les 25 ans de son voyage dans l’espace: “J’ai appris à apprécier l’honneur qui m’a été fait d’être choisie pour être la première (femme américaine) à pouvoir aller dans l’espace.” Après 350 heures passées dans les étoiles et deux missions spatiales, dont la première en 1983, Sally Ride a tiré sa révérence au terme d’une brillante carrière scientifique.

Son talent avait rencontré un contexte favorable, car elle avait bénéficié des premières inscriptions de la Nasa ouvertes aux femmes et aux civils et avait été choisie parmi plus de 8.000 candidatures. Après 10 ans passés à la Nasa et après son départ à la retraite en 1987, elle avait gardé une place éminente au sein de l’agence spatiale américaine, avec laquelle elle collaborait encore de temps en temps.

Ainsi, en 2009, l’astronaute avait participé à la commission chargée de réfléchir sur la stratégie spatiale américaine, qui détermine encore un grand nombre de décisions prises concernant les programme de vols habités. Charles Bolden, le directeur de la Nasa, a salué sa carrière mardi sans faire de demi-mesure: “Elle a littéralement changé le visage du programme spatial américain.”

Mais Sally Ride restera avant tout dans le coeur des Américaines, dont certaines ont vécu son incroyable parcours comme un symbole de réussite féminine. De nombreuses réactions émues sur le réseau social Twitter à l’annonce de sa disparition en témoignaient mardi. “J’avais sept ans pendant l’été 1983. Sally Ride représentait tout pour moi” ou “Reposez en paix Sally Ride, vous m’avez inspirée et fait comprendre qu’en tant que femme, rien n’est impossible. Que votre voyage vers les étoiles soit rapide”, pouvait-on lire.

Par ailleurs, Mme Ride n’avait pas oublié les difficultés qui furent les siennes. Elle apportait donc son aide aux jeunes femmes qui, comme elle, cherchaient à s’épanouir dans le domaine scientifique, longtemps réservé aux hommes. En 2001, elle avait créée sa propre fondation “Sally Ride Science”, qui finançait des projets pédagogiques, avec le soutien appuyé de la Nasa et a écrit une demi-douzaine de livres scientifiques pour enfants.

L’astronaute n’avait pas caché sa sensibilité démocrate en 2008, lorsqu’elle avait publiquement soutenu Barack Obama, qui lui a rendu hommage mardi en la qualifiant d'”héroïne nationale” et l’a décrite comme “un modèle puissant” qui a “inspiré des générations de jeunes filles pour aller toucher les étoiles”. Sally Ride laisse derrière elle Tam O’Shaughnessy, sa compagne depuis 27 ans, sa mère, sa soeur et ses neveux.

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