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Sarkozy au Vatican pour enterrer la polémique sur les Roms

Le président français Nicolas Sarkozy a été reçu vendredi par le pape Benoît XVI à l’occasion d’une visite au Vatican destinée à dissiper le malentendu né cet été autour de la situation des Roms en France et à reconquérir le coeur d’un électorat catholique déçu.

Arrivé en fin de matinée au Saint-Siège l’air tendu, M. Sarkozy a entamé le deuxième séjour de son quinquennat au Vatican par une audience en tête-à-tête avec le pape, qui l’a accueilli dans sa “salle du petit trône” par un très chaleureux “bonjour M. le président” en français. Le temps de quelques images offertes à la presse, Benoît XVI a évoqué le “grand souvenir” de sa dernière visite en France en septembre 2008. “Une grande réussite”, a renchéri le chef de l’Etat avant que les portes capitonnées de la bibliothèque papale ne se referment sur leur conversation.
Une demi-heure plus tard, c’est un Nicolas Sarkozy plus détendu et souriant qui a présenté au pape sa délégation, composée d’élus (les député et sénateur de droite Jacques Remiller et Jean-Claude Gaudin), de ses conseillers Henri Guaino, Jean-David Lévitte et Patrick Buisson, ou du journaliste Bruno Frappat et des écrivains Alix de Saint-André et Denis Tillinac.
Après le traditionnel échange de cadeaux, une édition d’époque du “Génie du christianisme” et des “Mémoires d’outre-tombe” de Châteaubriand contre faïence et gravure de la place Saint-Pierre, le président français, manifestemment soulagé, a même demandé au pape un chapelet supplémentaire.
Malgré cette petite entorse aux canons du protocole papal, Nicolas Sarkozy s’est appliqué à éviter la répétition de ce qui avait été considéré comme des “couacs” lors de sa précédente rencontre avec le pape fin 2007, où il avait été surpris à pianoter sur son téléphone en présence de Benoît XVI ou avait inclu dans sa délégation le comique Jean-Marie Bigard.
Sur le fond, peu a filtré du fond de cet entretien officiellement consacré aux questions internationales, et qualifié de “cordial” par le Vatican. Cette rencontre avait été voulue par Paris pour tirer un trait sur le malaise qui a troublé les relations entre le Vatican et la “fille aînée de l’Eglise” autour de la question controversée des Roms.
Le 22 août, alors que la polémique sur le démantèlement des camps illégaux et les expulsions de Roms faisait rage en France, Benoît XVI avait publiquement souligné, dans un message lu en français, la nécessité de “savoir accueillir les légitimes diversités humaines”.

Même si le Vatican lui a ensuite nié toute connotation politique, ce rappel papal a alors été ajouté à la longue liste des critiques, parfois violentes, adressées au gouvernement, notamment par des organisations caritatives et quelques membres du clergé français.
Après cette première audience et une autre avec le secrétaire d’Etat du Vatican, Mgr Tarciso Bertone, Nicolas Sarkozy a longuement parcouru la basilique Saint-Pierre, vidée de ses touristes, et s’est offert un “moment de prière” pour le Vatican, rebaptisé “moment de recueillement” pour l’Elysée.

Ce n’est qu’à l’occasion de cette visite, où il s’est signé à plusieurs reprises et a récité le “notre père”, que la polémique sur les Roms a été évoquée, publiquement mais par allusion.
Lors d’une “cérémonie pour la France”, le cardinal français Jean-Louis Tauran a alors exhorté “le peuple de France et ses dirigeants” à oeuvrer pour “la justice”, “l’éducation” et “l’accueil des persécutés et des immigrés”.
Une semaine après une visite de l’abbaye de Vézelay (Yonne), cet épisode romain s’est aussi inscrit, pour le président, dans un effort organisé de reconquête d’un électorat catholique qui, bien que restant acquis à la droite, a pris ses distances avec le chef de l’Etat.

 

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