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Sarkozy durcit le ton contre les gens du voyage

Nicolas Sarkozy a pris mercredi une série de mesures sévères visant “certains” Roms et gens du voyage, dont l’annonce de l’évacuation de 300 camps illégaux, après une réunion qui a suscité l’ire de la gauche et d’associations, évoquant une “déclaration de guerre”.

A la fin de cette rencontre à l’Elysée en présence de François Fillon et de cinq membres du gouvernement, Brice Hortefeux (Intérieur) a assuré dans une déclaration lue devant le perron que l’exécutif ne voulait pas “stigmatiser une communauté” mais “sanctionner des comportements illégaux”.

Soucieux de se montrer intraitable sur le terrain sécuritaire, l’un de ses principaux atouts dans la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy avait décidé d’organiser cette réunion à l’issue d’un week-end de violences les 17 et 18 juillet commises par des membres de la communauté gitane après la mort de l’un d’entre eux, lors d’une course-poursuite à Saint-Aignan (Loir-et-Cher).

Première décision prise: le démantèlement d’ici trois mois de la moitié des quelque 600 “camps ou squats” illégaux recensés en France, a annoncé Brice Hortefeux. Dans un communiqué, l’Elysée parle de 200 camps pour les seuls Roms, originaires de l’est de l’Europe.

Deuxième mesure, le gouvernement va procéder “à la reconduite quasi-immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou à des fraudes en direction de la Bulgarie ou de la Roumanie”.

La France va ensuite “proposer à la Roumanie d’accueillir des policiers roumains et parallèlement d’envoyer des policiers français en Roumanie”. Dans un communiqué, l’Elysée parle d’un partenariat du même type avec la Bulgarie.

L’exécutif promet en outre d'”affecter dix inspecteurs du fisc afin de contrôler la situation des occupants de ces camps illicites et illégaux”. Car, a dit M. Hortefeux, “beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes”.

Le ministre de l’Intérieur a enfin promis que le gouvernement allait “poursuivre la politique de développement des aires d’accueil” des populations nomades, inégalement réparties sur le territoire national.

Ce point est considéré comme fondamental par les associations, qui se plaignent que moins de la moitié des emplacements prévus pour les gens du voyage par la loi Besson de 1990 existent effectivement.

Dans son communiqué, l’Elysée a enfoncé le clou en rappelant que “les lois de la République s’appliquent à l’ensemble des personnes présentes sur le territoire national, y compris aux populations nomades”.

Depuis une semaine, le PS, les Verts et le PCF n’ont cessé de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une mise à l’index d’une communauté à des fins électoralistes. Benoît Hamon (PS) a ainsi accusé le chef de l’Etat d'”exploiter des clichés selon lesquels les gens du voyage seraient forcément associés à la rapine, au vol”.

Même tonalité du côté des associations représentatives des gens du voyage et des militants des droits de l’Homme.

SOS Racisme a dénoncé après les annonces un “festival de clichés les plus éculés” laissant notamment entendre que ces populations “fraudent avec le fisc”. “Il n’y a rien de nouveau: cela fait huit ans que ces démantèlements (de camps illégaux) existent”, a fait valoir France Terre d’Asile.

Réunis dans la matinée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des représentants de l’Union française des associations tziganes avaient demandé à être reçus à l’Elysée, pour instaurer un dialogue, tout en dénonçant une “déclaration de guerre” du gouvernement.

 

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