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Sarkozy, un nouveau président du G20 “ambitieux mais réaliste”

Le président français Nicolas Sarkozy a pris vendredi à Séoul les rênes du G20, avec l’espoir de faire avancer des réformes susceptibles de réduire les déséquilibres économiques, mais aussi en affichant une certaine modestie, vu l’ampleur de la tâche.

“Cette présidence” du G20, “nous l’abordons avec ambition et réalisme”, a affirmé M. Sarkozy, lors d’une conférence de presse à l’issue de ce cinquième sommet du G20. Le forum avait débuté jeudi soir par un dîner auquel assistaient notamment les présidents américain Barack Obama, russe Dmitri Medvedev, chinois Hu Jintao et la chancelière allemande Angela Merkel.

Arrivé pour sa part vendredi en début de matinée à Séoul, le président français n’est resté qu’un petite journée sur place, avant de regagner Paris en début de soirée, à bord du nouvel avion de la République, un Airbus A330-200 entièrement réaménagé, et après un ultime entretien avec le président sud-coréen Lee Myung-bak. Alors que, miné par les tensions, le sommet de Séoul n’a débouché que sur un accord a minima, le nouveau président du G20 a exposé devant ses pairs et chefs de gouvernement les dossiers qu’il veut faire avancer au cours de l’année à venir.

Trois gros chantiers sont au programme, qu’il a plusieurs fois détaillé ces derniers mois: réforme du système monétaire international, dont il espère débattre “sans tabou”, lutte contre la volatilité du prix des matières premières, cause d’émeutes de la faim en 2008, notamment à Haïti et en Afrique, et réforme de la gouvernance mondiale (Fonds monétaire international, Conseil de sécurité élargi aux grands émergents, dont l’Afrique). Conscient des difficultés, M. Sarkozy a toutefois prévenu, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet, qu’il s’agissait là de dossiers “colossaux” pour lesquels il n’y avait “pas de solutions simplistes”. “Ils ne pourront être achevés au terme d’une seule année”, a-t-il insisté, ajoutant que la France allait “travailler avec le sens du collectif”.

Il a ainsi annoncé qu’il se rendrait à Washington entre la fin 2010 et le début 2011 pour s’y entretenir avec le président Obama, et qu’il ferait de même avec le président Jacob Zuma en Afrique du Sud. Autre déplacement prévu: l’Inde, du 4 au 7 décembre, un voyage inhabituellempent long pour lui. Son épouse Carla Bruni-Sarkozy l’y accompagnera. Le président a également annoncé son intention de travailler “main dans la main avec le FMI” durant sa présidence du G20, et qu’il recevrait son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, “en décembre”. Outre les trois gros gros chantiers, M. Sarkozy vise “les priorités qui ont toujours été” celles de la France: “la moralisation du capitalisme, la stricte surveillance de la rémunération des traders, stricte surveillance des paradis fiscaux”. “Si le G20 ne s’attaque pas aux réformes structurelles dont le monde a besoin, il perdra sa légitimité”, a-t-il lancé.

A dix-sept mois de l’élection présidentielle en France, et alors que sa cote de popularité demeure très basse, M. Sarkozy compte également sur une présidence du G20 réussie pour redorer son blason. D’où l’importance, selon lui, de bien en expliquer les enjeux aux Français. Dans ce but, il a annoncé qu’il organiserait une conférence de presse à l’Elysée en janvier, la troisième seulement depuis son élection en 2007.

“L’un des enjeux, c’est de faire compendre que ce dont il est question a des conséquences sur la vie des gens”, mais “c’est technique, les gens se disent que tout ça est lointain. Ce n’est pas gagné!”, a-t-il lâché.

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