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Sarkozy veut reconquérir l’UMP

Deux jours après les régionales, Nicolas Sarkozy a poursuivi mardi son opération de pacification d’une majorité chauffée à blanc par la défaite. Remaniement ministériel pour accueillir des proche de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, mise entre parenthèses de la taxe carbone : Le président s’est lançé à la reconquête de son parti.

A peine contenue pendant l’entre-deux tours, la vague de contestation qui s’est emparée de l’UMP a atteint son pic mardi, lors des réunions hebdomadaires des groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat. “C’était une réunion anti-sarkozyste”, a résumé un député.

D’abord à huis clos entre eux puis devant François Fillon et quelques uns de ses ministres, les députés UMP ont “crevé l’abcès”, selon la formule de leur patron Jean-François Copé.

Pendant deux heures et demie, les critiques du chef de l’Etat se sont déchaînés, fustigeant l’ouverture à gauche, le rythme des réformes, le style du président ou sa stratégie d’union dès le premier tour. Tout aussi remontés après la débâcle électorale de dimanche, les sénateurs UMP n’ont pas été en reste. Une réunion “tonique”, selon l’un d’eux.

Dans la foulée, l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le président de l’Assemblée Bernard Accoyer ont sollicité de l’exécutif un nouveau “pacte majoritaire” listant les réformes “prioritaires” à conduire jusqu’à la présidentielle de 2012, à sceller par un “vote de confiance”. Députés et sénateurs doivent en discuter lundi avec François Fillon.

En prévision de ce déluge de critiques, le chef de l’Etat, qui a promis “d’entendre” le message des urnes, avait dégainé lundi l’arme du remaniement.

Un simple “ajustement” mais soigneusement pesé, qui a vu entrer dans l’équipe Fillon un représentant de chacun des grands pôles de contestation de la ligne présidentielle, le chiraquien François Baroin, le villepiniste Georges Tron et le centriste Marc-Philippe Daubresse, et la sortie, à sa demande, de l’une des figures de l’ouverture Martin Hirsch.

Comme l’avaient laissé entendre certains, ce remodelage gouvernemental n’a pas suffi à apaiser. Il n’a quasiment pas été évoqué par les députés, si ce n’est pour déplorer l’éviction de Xavier Darcos, défait aux régionales.

L’Elysée et Matignon ont donc donné à leurs troupes un autre gage en annonçant, par la voix de François Fillon, un report sine die de l’entrée en vigueur de la taxe carbone jusqu’à l’improbable instauration d’une mesure équivalente aux frontières de l’Europe.

Même si Matignon a démenti un abandon pur et simple, les propos du chef du gouvernement ont été salués comme une victoire par nombre de députés UMP, qui avaient dénoncé cette mesure comme un “impôt nouveau”.

Nicolas Sarkozy, qui avait lui-même ouvert la voie à cette marche arrière avant les régionales, fera le point sur ce dossier après le premier conseil des ministres de son gouvernement remanié, dans une déclaration destinée, selon l’Elysée, à “fixer ses priorités des mois à venir”.

Outre le fond, Nicolas Sarkozy va également s’attacher à répondre sur la forme. Dès mardi, il a ouvert une longue séquence internationale qui doit lui permettre de répondre à ceux qui, au sein-même de son camp, ont mis en cause son “style” jugé pas assez “présidentiel”.

Après avoir assisté avec le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero aux obsèques du policier tué la semaine dernière, il se rendra jeudi et vendredi à Bruxelles au chevet de la Grèce puis s’affichera en début de semaine prochaine aux côtés de Barack Obama à Washington.

Avant de réunir mercredi prochain tous les députés UMP à l’Elysée. La reconquête ne fait que commencer.

 

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