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Sécurité : Nicolas Sarkozy reprend la main

Après la débâcle de la droite aux régionales, Nicolas Sarkozy a repris en main le dossier de la sécurité en convoquant mercredi les chefs du secteur et en nommant un nouveau général à la tête de la gendarmerie et l’ex-patron du Raid préfet de Seine-Saint-Denis.

Prié par les élus de son camp de revenir aux “fondamentaux” de son action, le chef de l’Etat avait promis le 27 mars de refaire de la lutte contre la criminalité une “priorité” de son gouvernement.

Deux semaines plus tard, il est passé aux travaux pratiques en réunissant mercredi pendant une heure son ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, et les principaux responsables de la gendarmerie et de la police, ainsi que le préfet de police de Paris, Michel Gaudin. Aucun détail n’a filtré à l’issue de cette “réunion de travail”, qui n’était pas inscrite à l’ordre du jour du président. Selon une source proche du ministère de l’Intérieur, ce rendez-vous devait être l’occasion de préparer un “plan national de sécurité” que le chef de l’Etat devrait présenter à l’avenir.

M. Hortefeux devait ainsi lui présenter mercredi les mesures déjà prises par ses services contre la violence dans les stades. Au 5 avril, 792 interdictions de stades ont été prononcées, dont 649 administratives, celles qui augmentent régulièrement le plus, et 143 judiciaires”, selon un décompte du ministère de l’Intérieur communiqué à l’AFP.

Lors de son intervention du 27 mars, Nicolas Sarkozy s’était félicité d’avoir réussi à “faire baisser le nombre des délits” mais avait concédé ne pas être parvenu à “juguler la montée de la violence dans les stades, dans les transports, dans les établissements scolaires”. “Je suis décidé à m’engager personnellement dans la lutte contre cette violence”, avait-il ajouté, “ceux qui attendent ou qui espèrent une réaction ferme de ma part ne seront pas déçus”.

Signe de sa volonté de s’impliquer personnellement dans ce dossier qui lui a servi de “marqueur” politique avant son élection à l’Elysée, l’ex-ministre de l’Intérieur a fait nommer en Conseil des ministres à deux postes clé deux professionnels considérés comme des proches.

Le général Jacques Mignaux, qui était l’un de ses conseillers place Beauvau, a remplacé le général Roland Gilles à la direction générale de la gendarmerie nationale. Et l’ancien patron de l’unité d’élite de la police, le Raid, Christian Lambert, a été investi préfet de Seine-Saint-Denis.

La nomination du général Mignaux intervient alors que la gendarmerie est secouée par la radiation d’un officier. C’est le président de la République lui-même qui avait renvoyé par décret le chef d’escadron Jean-Hugues Matelly pour “manquement grave” à son obligation de réserve, parce qu’il avait critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l’Intérieur, effectif depuis le 1er janvier 2009.

Selon des sources place Beauvau, la nomination de Christian Lambert en Seine-Saint-Denis consacre par ailleurs la volonté de chef de l’Etat de placer un “homme de culture policière” aux commandes du département francilien le plus touché par la délinquance.

Jusque-là directeur de cabinet du préfet de police de Paris, Michel Gaudin, M. Lambert avait dirigé l’interpellation du nationaliste corse Yvan Colonna, condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat en 1997 du préfet de Corse Claude Erignac qu’il a toujours nié.

Sa nomination a été diversement appréciée dans le département. Le député UMP Eric Raoult s’est réjoui de voir “la sûreté érigée en priorité”, alors que le président PS du Conseil général, Claude Bartolone, y a vu “la preuve de l’échec de la politique de sécurité du président”.

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