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Ségolène Royal : une ” force tranquille” pour sauver la “France martyrisée”

Ségolène Royal s’est voulue samedi lors de sa fête de la Fraternité à Arcueil “force tranquille” de résistance et de propositions, dans un discours aux allures de présidentiable, voulant redresser une “France martyrisée” par Nicolas Sarkozy.

L’ex-candidate à l’Elysée avait placé sa 3e Fête sous le signe de l’unité et du rassemblement du PS, avec ténors socialistes et Jean-Luc Mélenchon, mais également de “la force tranquille”, un clin d’oeil à la campagne présidentielle de 1981 de François Mitterrand. “Dans la vie politique, il y a des péripéties, mais il y a un chemin, quand on est solide sur ses bases”, avait expliqué avant son discours la présidente de Désirs d’avenir (DA) qui voyait dans sa fête une “force tranquille”. 
Devant environ 2.500 à 3.000 personnes, selon les organisateurs, Mme Royal a lancé un appel “à résister et à contribuer au redressement de la France”, martelant: “Nous sommes à moins de deux ans du changement”, alors que fusaient des “Ségolène présidente”. Avec des accents gaulliens, elle a fustigé la politique du gouvernement “qui injurie, blesse, outrage et humilie la France”, jugeant que le pays était “en de mauvaises mains”, “martyrisé par un gouvernement dur et manipulateur”. Proposant de “rétablir la République du respect”, Mme Royal — tailleur-pantalon bleu marine, chemise blanche– a lancé: “Nous pouvons bâtir un destin, un espoir commun, un désir d’avenir”, dans un discours d’une heure, souvent interrompu par des applaudissements.
Plusieurs ténors du PS, de Claude Bartolone à Manuel Valls, étaient venus pour des débats mais étaient repartis avant le discours de Mme Royal, retenus, ont-ils dit, par leurs occupations de députés. Jean-Luc Mélenchon, ex-PS, leader du Parti de gauche, a expliqué être venu “défendre avec Mme Royal l’idée d’un référendum sur les retraites”, mais “ne pas se ségoléniser”. “Il faut vraiment que le pays aille mal pour que des gens qui se sont tirés la bourre se retrouvent ici ensemble”, a-t-il ironisé. Pour M. Bartolone, sa présence était “le signe de la nécessité absolue du rassemblement des socialistes”, tandis que M. Valls, ex royaliste, a mis l’accent sur “la gravité de la situation” qui “oblige à la responsabilité”.
Arnaud Montebourg, “toujours l’ami de Ségolène” “malgré des choix différents”, a jugé que “les primaires étaient une partie des idées de Ségolène Royal. “On a besoin de tout le monde, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly”, a-t-il dit. Pierre Bergé et l’avocat Jean-Pierre Mignard, qui avaient pris aussi quelque peu leurs distances avec la présidente de Poitou-Charentes, étaient également là.
Mme Royal a réitéré son appel à l’unité du PS. “Unis, nous demeurerons”, a-t-elle dit, ses fidèles – Guillaume Garot, Jean-Louis Bianco, Najat Belkacem, Delphine Batho ou Dominique Bertinotti- à ses côtés. Parce que “l’antisarkozysme ne suffit pas”, Mme Royal a fait plusieurs propositions, faisant valoir que “ce qui se fait sur un territoire peut être fait au niveau national”. Elle a notamment demandé “la mise en place d’un pacte de confiance pour l’emploi des jeunes” en s’adressant aux jeunes des quartiers populaires. Syndicalistes, acteurs de la société civile, ténors politiques s’étaient auparavant succédé pour parler du “respect”, celui “de la banlieue”, de “la République” et celui “du peuple”.

La fête devait ensuite se poursuivre avec chanteurs et danseurs.

 

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