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Séisme d’Haïti: la France compte ses morts et envoie de l’aide en urgence

Les premiers sauveteurs français étaient à pied d’oeuvre jeudi en Haïti, tandis que les associations continuaient d’acheminer moyens humains et matériels pour tenter de sauver un maximum de victimes, 36 heures après le violent séisme qui a frappé le pays.

Les deux premières victimes françaises du séisme, des salariés d’une entreprise de BTP basée dans le Cantal, ont été identifiées formellement alors que plus d’un millier de Français se trouvaient à Port-au-Prince. Par ailleurs le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a indiqué jeudi que 91 Français blessés ou choqués dans le séisme qui a frappé Haïti, dont 7 grièvement atteints, avaient été évacués vers la Martinique pour y être soignés.

La Sécurité civile devait envoyer jeudi après-midi un hôpital de campagne et 60 infirmiers qui complèteront l’équipe de 30 sauveteurs et les 12 tonnes de matériel déjà acheminés, a indiqué son porte-parole, le colonel Patrick Vailli, sur France Info. Les sauveteurs déjà sur place travaillent à secourir la centaine de personnes qui seraient ensevelies sous les décombres du principal hôtel de la capitale Port-au-Prince.

D’autre part, un avion transportant 80 personnes et 5 tonnes de fret devait partir jeudi “en milieu de journée” de Guadeloupe pour Port-au-Prince, selon le Premier ministre François Fillon, et 8 militaires de l’Unité de gendarmerie d’identification des victimes de catastrophes (UGIVC), dont quatre médecins et dentistes, “avant samedi”, selon le ministère de l’Intérieur.

Le temps presse

La mobilisation des associations monte en puissance et les appels à dons se multiplient, alors que désormais le temps presse.

Après l’extraction des victimes des décombres, “pour sauver des vies, la prise en charge chirurgicale se fait idéalement dans les 48 premières heures”, a expliqué jeudi à l’AFP le président de Médecins du Monde (MDM), Olivier Bernard. Donc “on entre dans une période critique. Il faut qu’une aide humanitaire massive arrive dès ce soir”, a-t-il estimé.

MDM doit notamment envoyer vendredi un charter chargé de 40 tonnes de matériel médical et logistique, tandis que chez Médecins sans frontières (MSF), un avion cargo transportant un hôpital de campagne, deux anesthésistes et deux chirurgiens, devait s’envoler jeudi soir de Bordeaux.

Sur place, la Croix Rouge française achemine vers la capitale haïtienne une unité de potabilisation de 40.000 litres d’eau par jour et de “kits familiaux” (abris, couvertures), a expliqué à l’AFP son président, Jean-François Riffaud. Elle fait aussi partir du matériel de Guadeloupe et de métropole, dont 40 tonnes de Paris vendredi soir: un hôpital de campagne, une 2e unité de potabilisation de l’eau (15.000 litres/jour), ainsi que du matériel médical et des kits familiaux, pour “au moins 20.000 personnes dans un premier temps”. Mais “la grande question c’est: comment débarquer le matériel, et où l’installer, car c’est apparemment le gros chaos”, a souligné M. Riffaud.

Les premiers témoignages que les ONG sont parvenues à recueillir auprès de leurs équipes, malgré la difficulté des communications, font état de dégâts considérables. Selon Olivier Bernard, l’aéroport de Port-au-Prince pose des problèmes en termes d'”accès à la piste” notamment, et les hôpitaux de la ville “semblent bien atteints”.

A Paris, le ministre de l’Immigration Eric Besson a annoncé “un dispositif exceptionnel d’accueil en France des victimes”, notamment un “allègement des conditions du regroupement familial”.

Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Egalité des chances des Français d’outre-mer, devait évoquer à 18H30 avec des représentants associatifs et des personnalités haïtiennes de France “un dispositif d’urgence qui faciliterait les démarches des familles”.

 

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