Subscribe

Semaine de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy

La semaine s’annonce comme celle de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy avec les manifestations et grèves annoncées mardi contre sa réforme des retraites, enjeu majeur, à ses yeux, de son quinquennat, qui sera défendue devant les députés par un Eric Woerth affaibli par l’affaire Bettencourt.

D’autant que ce week-end, l’horizon de la majorité s’est encore assombri avec des sondages en berne, une mobilisation importante dans la rue samedi contre la politique sécuritaire du gouvernement en guise de galop d’essai de la semaine à venir, et des bisbilles dans la majorité. Dimanche, lors du “Grand rendez-vous” Europe 1/le Parisien, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a tenté de déminer le terrain. Il a affirmé que le gouvernement ferait “dans le courant de la semaine”, c’est-à-dire après la journée de mobilisation, “des propositions supplémentaires” sur la réforme des retraites concernant la pénibilité, les longues carrières et les polypensionnés. Mais il a prévenu que “le fond” de la réforme ne pouvait “pas changer” car “la réforme est nécessaire”.

Si une large majorité de Français (70%) approuve la journée de mobilisation syndicale mardi contre la réforme des retraites, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France, 53% jugent “tout à fait” ou “assez acceptable” le report progressif à 62 ans de l’âge du départ légal à la retraite. Depuis des mois, Nicolas Sarkozy confie que “le plus dur est devant (eux)” à propos de cette réforme, dont il a fait un enjeu majeur de son quinquennat. Il a toujours dit en outre s’attendre à une forte mobilisation syndicale. A cet égard, ce n’est pas tant la journée de mardi qui sera pour lui décisive, mais plutôt la façon dont la mobilisation se poursuivra ensuite.

Chaque automne, une rentrée chaude est prédite aux gouvernements, quels qu’ils soient. Là, nombre d’indicateurs sont au rouge pour l’exécutif: croissance poussive, chômage, déficits……. Dès lundi, les syndicats d’enseignants du primaire ont lancé un appel à la grève, ce qui est relativement rare si peu de jours après la rentrée scolaire. Le lendemain, ils se joindront à la journée de mobilisation qui touchera l’éducation, les transports etc…
Les cotes de confiance de Nicolas Sarkozy et de son Premier ministre François Fillon font grise mine. Tous deux perdent deux points dans le baromètre de septembre CSA/Le Parisien à respectivement 32 et 38%, soit les chiffres les plus bas dans cet indicateur depuis juin 2007.
Sans compter l’affaire Bettencourt dans laquelle le ministre du Travail, Eric Woerth, est soupçonné de conflit d’intérêts. Claude Guéant lui a apporté dimanche son soutien: Oui, Eric Woerth défendra la réforme des retraites à partir de mardi à l’Asemblée nationale; il “n’a rien à se reprocher”, il est “solide”. Exit donc une démission du ministre maintenant.

S’agissant des bisbilles au sein de la majorité et des rumeurs de changement à l’UMP, là aussi le secrétaire général de l’Elysée a tenté de relativiser. Il a vu dans les déclarations des uns et des autres – Jean-François Copé, Jean-Pierre Raffarin, Patrick Devedjian – la traduction d’un “débat” et d’une majorité “pas godillot”.
M. Raffarin avait critiqué le virage sécuritaire du gouvernement, M. Devedjian a comparé le patron de l’UMP Xavier Bertrand à “un gentil organisateur du Club Med” et M. Copé est coauteur avec trois autres chiraquiens, François Baroin, Bruno Le Maire et Christian Jacob, d’une tribune donnant des conseils à la droite pour ne pas perdre la présidentielle. “La division est une maladie mortelle”, a prévenu Christian Estrosi (Industrie).

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related