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Séquestration: le journal intime de Jaycee Dugard retrouvé

Le journal intime de Jaycee Dugard, retrouvée saine et sauve l’été dernier dans la région de San francisco après avoir été séquestrée pendant 18 ans, révèle le calvaire enduré par la jeune femme et ses sentiments partagés à l’égard de son ravisseur présumé.

Jaycee Dugard, 29 ans, avait été enlevée à l’âge de 11 ans en Californie. Après sa réapparition, les enquêteurs avaient découvert qu’elle avait vécu ces 18 années dans des cabanons dissimulés au fond du jardin de son bourreau présumé, Phillip Garrido, à 70 km à l’est de San Francisco.

La jeune femme avait tenu un journal intime, tout au long de sa captivité, présenté jeudi devant la justice californienne par le bureau du procureur du comté d’El Dorado, selon la presse locale.

En produisant ce journal, le procureur veut contrer une requête déposée devant la cour par Phillip Garrido, qui a manifesté le désir d’entrer en contact avec Jaycee Dugard, malgré le refus de cette dernière.

“Pourquoi n’ai-je pas le contrôle de ma vie ! Je ne suis même pas sûre que mes pensées m’appartiennent”, écrit Jaycee Dugard en 2004 dans son journal, dont des extraits ont été publiés dans le San Francisco Chronicle.

Onze ans plus tôt, l’adolescente semblait reconnaissante à son ravisseur présumé et à sa femme Nancy de lui avoir acheté un chaton. “Ils ont fait quelque chose que personne d’autre ne ferait pour moi. Ils ont payé 200 dollars pour que j’aie mon propre chaton”, écrit-elle.

Mais en 2003, les sentiments contradictoires à l’égard de Phillip Garrido, qu’elle a évoqués après sa libération, transparaissent déjà dans son journal.

 “Je ne veux pas lui faire de mal. Parfois, j’ai l’impression que ma seule présence le blesse. Alors comment pourrais-je seulement lui dire à quelle point je voudrais être libre. Libre d’aller et venir à mon gré”, écrit-elle. “Libre de dire que j’ai une famille. Je ne lui ferai jamais de mal si je peux l’éviter”, ajoute-t-elle.

En 2004, c’est le désespoir qui l’emporte. “Je sens que je sombre”, écrit-elle. “Je veux le contrôle de ma vie (…). C’est ma vie et je devrais pouvoir en faire ce que je veux. Mais il me l’a prise”.

Selon le procureur, Phillip Garrido avait élaboré un plan au cas où il serait arrêté. Selon ce plan, Jaycee devait faire en sorte de pouvoir continuer à communiquer avec lui, à travers leurs avocats.

Le procureur Vern Pierson a décrit Phillip Garrido comme “un maître de la manipulation”. Phillip Garrido et sa femme Nancy doivent répondre de 29 chefs d’accusation, parmi lesquels enlèvement, viol et séquestration. Ils ont plaidé non coupables.

Jaycee Dugard a eu deux filles avec Phillip Garrido, qui ont vécu avec elle, dissimulées dans le jardin de leurs ravisseurs. Depuis sa libération, Jaycee Dugard a retrouvé sa famille, avec laquelle elle vit dans un lieu maintenu secret.

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