Subscribe

Six ministres lâchent leur retraite de parlementaire sous la contrainte

A la demande expresse de François Fillon, six membres du gouvernement ont renoncé à percevoir leur retraite de parlementaire, à un moment où l’exécutif tente de faire passer sa très impopulaire réforme des retraites sur fond de polémique sur le train de vie des politiques.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a été la première mercredi soir à annoncer qu’elle n’allait plus cumuler sa retraite de députée avec son salaire de ministre, suivie par Michèle Alliot-Marie (Justice).
Jeudi, Jean-Marie Bockel (Justice), Patrick Devedjian (Plan de relance), Michel Mercier (Collectivités locales) et Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement) ont à leur tour fait savoir qu’ils se pliaient à cette injonction.

La décision d’interdire aux ministres de cumuler leur rémunération avec une retraite de l’Assemblée ou du Sénat avait opportunément été annoncée mardi par François Fillon devant les députés UMP, à la veille de l’annonce du plan gouvernemental sur les retraites, marqué par un recul de l’âge légal à 62 ans. Une annonce qui n’a pas fait que des heureux. “C’est de l’enfumage”, raillait un député UMP, tandis que le secrétaire national à l’économie du Parti socialiste, Michel Sapin, dénonçait un “paravent” visant à détourner l’attention d’une réforme à laquelle les Français sont très hostiles.

 

François Fillon réagissait aussi au tollé autour du cas de l’ex-ministre Christine Boutin, qui avait dû renoncer à sa rémunération (9.500 euros) pour une mission sur “les conséquences de la mondialisation”, après que le Canard Enchaîné eut révélé qu’elle touchait dans le même temps une retraite de députée (6.000 euros) et une indemnité de conseillère générale (2.000 euros).
Sur fond d’austérié budgétaire, François Fillon explique dans un courrier à ses ministres que “dans cette période, nos concitoyens seront sensibles à une telle démarche”. “Loin d’être retiré de la vie active, le ministre exerce des fonctions éminentes, écrit le Premier ministre. En outre, il a, le cas échéant, vocation à retrouver un mandat parlementaire à l’issue de ses fonctions gouvernementales”, notamment depuis la réforme constitutionnelle qui permet aux parlementaires de récupérer leur siège après un passage au gouvernement.

Deux membres du gouvernement avaient d’ailleurs choisi d’être vertueux avant l’heure, puisque Alain Marleix (Collectivités locales) et Hubert Falco (Anciens combattants) avaient renoncé à leur retraite de parlementaire en entrant au gouvernement. “Alain Marleix juge que ministre est un travail à plein temps et que retraité, c’est autre chose”, lâche un membre de son cabinet. Deux autres membres sexagénaires du gouvernement issus du Parlement (Hervé Novelli et Christian Blanc) n’ont pas atteint le nombre d’annuités nécessaires et continuent donc de cotiser pour leur retraite.
En outre, depuis mardi, l’Assemblée nationale planche sur une réforme de la retraite des députés, particulièrement avantageuse puisque elle permet à ses futurs bénéficiaires de cotiser double et de toucher une pleine retraite (6.000 euros) au bout de 22,5 années. “A partir du moment où on va dans l’optique d’harmoniser les régimes, tout le monde doit y contribuer” approuvait à l’annonce de cette décision le patron des députés UMP, Jean-François Copé. “Volonté de détourner l’attention de l’opinion publique”, déplorait là encore la gauche, à l’image du député communiste, Roland Muzeau.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related