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Soccer : Camille Abily, une Française au top niveau

Si les performances de Thierry Henry au New York Red Bull sont suivis de près par la presse française, c’est en toute discrétion que Camille Abily a su se faire une place de choix dans le monde du soccer US. L’internationale tricolore, en route pour L’Olympique Lyonnais,  a conclu son expérience américaine en remportant récemment le championnat professionnel féminin (WPS), avec le FC Gold Pride. Des Los Angeles Sol au nouveau champion national, portrait d’une star du ballon rond version féminine.

« Si je ne devais garder qu’un souvenir, ce serait le match d’inauguration de la WPS avec Los Angeles Sol contre Washington Freedom (ndlr, le 29 mars 2009) », annoncait Camille Abily, samedi dernier. « La rencontre était à domicile et il y avait 15 000 spectateurs. Nous avions gagné 2-0 et j’avais inscrit le deuxième but. Mais j’espère que le meilleur est encore à venir ». Moins de vingt-quatre heures apres ces déclarations, la détentrice du numéro 20 du FC Gold Pride, l’équipe phare de la Bay Area, soulevait le trophée du championnat WPS. Une victoire 4-0 contre Philadephia Independence, devant plus de 5 000 spectateurs, a permis au club de conclure une saison pleine. Et à l’internationale française de terminer en beauté son expérience sur le sol américain. Elle va en effet rejoindre l’Olympique Lyonnais dans les jours à venir.

Originaire de Rennes, Camille Abily a débuté sa carrière professionnelle au Stade Briochin, lors de la saison 2000/2001. Cette même année, elle connaissait sa première sélection en équipe de France. Mais les premières lignes de son palmarès sont inscrites à Montpellier, où a elle posé ses valises en 2003 après un passage à La Roche ESOF et au CNFE Clairefontaine. Championne de France en 2004 et 2006 avec le club de l’Hérault, elle allait réitèrer cette performance en 2007 et 2008 à l’Olympique Lyonnais, dont elle a porté les couleurs durant trois saisons. Car à seulement 25 ans, Camille Abily a déjà connu huit clubs en l’espace de dix ans. « J’ai pas mal bougé », reconnaît-elle. « D’abord pour une question de progression, de continuité. Je trouvais intéressant de commencer dans des petits clubs et de monter les échelons, au fur et à mesure que l’on me proposait des challenges sportifs intéressants ».

Elue « meilleure joueuse de D1 féminine » en 2006 et 2007, elle a dès lors commencé à attirer la convoitise des clubs étrangers. Et lorsque les Los Angeles Sol lui ont fait part de leur intérêt en 2009, Camille Abily fut immédiatement séduite par le défi qui s’offrait à elle. « Je n’ai pas beaucoup hésitée », avoue-t-elle. « Je voulais tenter l’expérience à l’étranger. D’autant que Marinette Pichon (ndlr, ancienne joueuse des Philadelphia Charge et des New Jersey Wildcats) ne m’en avait dit que du bien ». Tout juste débarquée dans la cité des anges, elle a tout de suite eut le loisir de constater la qualité de la prise en charge du club envers ses nouvelles recrues. « L’intégration s’est très bien passée. Le staff comme mes coéquipières m’ont très bien encadrée dès mon arrivée. Comme je parlais très peu anglais, c’était un peu compliquée au début. Mais j’ai également habité avec quelques joueuses, ça aide ». Côté terrain, Camille Abily découvre les exigences d’une discipline au niveau plus élevé qu’en France. Dans un pays où le soccer à la sauce féminine est porté par une équipe nationale deux fois championne du monde, « les matchs sont plus intenses, le jeu plus rapide ». Les qualités physiques et le rythme de la compétition entrent également en compte. « Le football féminin y est beaucoup plus  athlétique », note-t-elle. « Par exemple, les universitaires peuvent jouer le vendredi, s’entraîner le samedi et rejouer le dimanche. En France, il y a un match par semaine, voir deux pour les clubs qui jouent la coupe d’Europe ». Des difficultés qui ne l’ont pas empêchée de réussir sa première saison en Californie, avec 8 buts au compteur en 18 matchs. Après un bref passage au Paris Saint-Germain durant l’intersaison, elle a décidé en janvier dernier de relever un nouveau challenge au FC Gold Pride. Pari réussi, avec le titre de champion des États-Unis empoché le 26 septembre.

A l’heure de retrouver l’Olympique Lyonnais, Camille Abily garde un souvenir positif de ses deux années passées sur la côte Ouest. Au-delà de l’aspect sportif, elle retient également l’aventure humaine. « Je ne sais pas si c’est propre à la Californie, mais j’ai été agréablement surprise par l’accueil chaleureux qui est réservé aux étrangers », avoue-t-elle.
La page américaine tournée, place aux deux grands défis qui attendent le milieu de terrain international. « Revenir a l’OL est un beau challenge, car c’est l’un des meilleurs clubs européens ». Au terme de la saison a venir, Camille Abily retrouvera aussi la sélection nationale, fraîchement qualifiée pour la Coupe du Monde en Allemagne, du 26 juin au 17 juillet 2011. « Cette Coupe du Monde nous tient à cœur car nous n’avions pas pu nous qualifier en 2007. Nous avons un très bon groupe et nous allons bien nous préparer ». Une occasion parfaite pour mettre a profit l’expérience engrangée en WPS. En lui souhaitant de ne pas finir comme Thierry Henry et ses coéquipiers masculins, l’été dernier en Afrique du Sud.

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