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Sophie Marceau et Monica Bellucci ne se « retournent pas » à Cannes

Sophie Marceau et Monica Bellucci, icônes du glamour, changent de registre et ont fait l’affiche, samedi à Cannes, de Ne te retourne pas, un film psychologico-fantastique signé de la jeune cinéaste Marina de Van, projeté en séance de minuit et hors compétition.

Le long métrage, deuxième opus de la coscénariste de Sous le sable et Huit femmes de François Ozon, a été accueilli en projection de presse par quelques huées, quelques applaudissements et un grand silence perplexe.

Jeanne (Sophie Marceau), auteur de biographies mariée et mère de deux enfants, veut écrire le roman de sa jeunesse, dont elle n’a aucun souvenir. Dans son appartement, peu à peu, les meubles bougent de place, la décoration des murs change, jusqu’à l’aspect physique de ses enfants. « Je ne reconnais rien, ni personne. Ce n’est pas nous », avoue-t-elle à son époux. Le bouleversement va aller crescendo, Jeanne-Sophie Marceau devenant Jeanne-Monica Bellucci, qui part à la recherche de son passé en Italie.

Ne te retourne pas est un « thriller psychologique qui utilise les codes du fantastique et du merveilleux pour raconter un drame psychologique », affirme la cinéaste dans une interview à l’AFP. « J’avais depuis longtemps l’histoire dans la tête. Le film n’a pas été écrit pour le duo Marceau-Bellucci mais l’idée d’utiliser deux icônes me semblait intéressant. Parce que dès qu’on touche au visage de Sophie ou Monica, cela émeut », dit-elle.

Et la cinéaste n’a pas hésité. Aidée d’effets spéciaux, elle transforme le visage de Sophie Marceau en tête hybride, composée de morceaux de l’actrice française, de sa comparse italienne et de la cinéaste elle-même, avant que Monica Bellucci ne l’habite entièrement.

Las ! L’effet fait quelquefois penser aux drôles de grimaces des Visiteurs absorbant leur potion magique et les rieurs sont déjà passés par là, lors d’épisodes censés être dramatiques. Le film, d’un genre difficile, avait pourtant bien démarré, avec une vraie montée d’angoisse.

« Ma référence, c’était le peintre Francis Bacon », célèbre pour ses visages ou silhouettes distordues, mais « c’est raté, je n’ai pas atteint ce que je voulais », soupire la réalisatrice qui voudrait que le « spectateur pleure, soit ému et, pour être franche, qu’il m’aime moi, par ce que j’exprime ». « C’est mon histoire dont il s’agit, j’ai envie d’être aimé pour ça », dit-elle, sans plus de précisions.

La cinéaste de 38 ans, aux allures vaguement punk, a réalisé en 2002 un premier long métrage très remarqué, Dans ma peau, où elle incarne une jeune femme qui prend plaisir à s’automutiler.

Infos pratiques

www.neteretournepas-lefilm.com

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