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Sophie Marceau, une femme dans la lumière

L’actrice française Sophie Marceau est l’invitée d’honneur du festival Focus on French Cinema qui a démarré vendredi au Purchase Performing Art Center dans le Westchester. Elle y présente deux longs-métrages, Les Femmes de l’ombre de Jean-Pierre Salomé, et LOL (Laughing Out Loud) de Lisa Azuelos qui marque le retour en force de Sophie Marceau au box-office français avec plus de trois millions de spectateurs. Sophie Marceau , devenue une star à 13 ans avec la Boum en 1980, y joue la mère d’une… adolescente. Un joli clin d’oeil au rôle qui a changé sa vie. 2009 est d’ailleurs une année particulièrement riche avec la sortie en France de L’Autre côté du Lit avec Danny Boon. Entretien avec l’actrice-réalisatrice qui fait le déplacement à New York avec Christophe Lambert, qui partage sa vie et l’affiche de son prochain film.

France-Amérique : Comment s’est passée votre collaboration avec Dany Boon, le Ch’ti le plus célèbre de France, avec qui vous partagiez l’affiche de De l’autre côté du lit, un film de Pascale Pouzadoux ?

Sophie Marceau : On se connaissait déjà avant un peu. On était très heureux de faire ce film parce que ça nous a paru très naturel de jouer ce vieux couple (rires). On a pris beaucoup plaisir. Son film Bienvenue chez les Ch’ti fut un raz-de-marée. C’est très compliqué de gérer le succès. Et je trouve que Dany Boon le fait avec beaucoup d’intelligence. Il essaie de prendre les choses calmement. Dans la vie, c’est quelqu’un de très généreux et de très « normal ». Le travail et notre famille nous ramènent toujours à la réalité.

F.-A. : Dans cette comédie, vous échangez votre place avec votre mari pour échapper à la routine. Vous devenez directrice d’une entreprise de location de matériel de chantier et lui vendeur de bijoux à domicile. Hors caméra, avec qui aimeriez-vous échanger votre vie ?

S.M. : Parfois, je me dis que si j’étais un homme, j’aurais moins de choses à faire et serais plus libre. Je sais que ça fait hurler certains hommes. J’élève mes enfants seule et en plus je travaille. Il faut donc savoir que ce sont de longues journées. L’évolution des femmes est allée très vite mais on n’a pas encore les mêmes « privilèges » que les hommes, même si au sein des couples, les hommes participent davantage et partagent les tâches.

F.-A. : Vous êtes actrice mais aussi réalisatrice. Qu’est ce qui vous a poussé à passer derrière la caméra ? C’est le sentiment de mieux maîtriser ?

S.M. : Oui. Cela vient toujours du même sentiment, de cette volonté que nous avons de faire exister quelque chose. C’est la lutte contre la mort. On est conscient qu’on va mourir alors on a besoin de laisser quelque chose derrière soi. Le jeu c’est très émotif, mais cela reste finalement très abstrait. On se voit à l’écran, certes, mais il ne s’agit que de sa personne. Lorsque que l’on écrit et réalise un film, il y a ce sentiment de transmettre un message et de faire exister quelque chose. Dans le métier d’acteur que j’aime énormément, on est plus dans le désir de l’autre. On se sert de son corps et de ses émotions pour interpréter, mais on n’est pas l’auteur des messages.

F.-A. : Vous avez réalisé Parlez-moi d’amour en 2002, un film largement autobiographique. Pourquoi avoir choisi de vous inspirer de votre vécu amoureux ?

S.M. : Je n’avais pas la volonté de faire un film autobiographique parce que je pense que c’est une fiction qui pourrait très bien s’adapter à tous les gens qui ont connu des séparations. C’est un sujet finalement banal que j’ai mis en scène. Il m’a séduit car en règle générale, ce sont les histoires des gens qui m’intéressent. Je me suis inspirée de choses qui me sont personnelles, mais je les ai beaucoup transformées. Mon deuxième film La Disparue de Deauville est aussi très personnel. Je parle d’une actrice, du dédoublement de personnalité, de manipulation, et de choses présentes dans ma vie. Ça a l’air réaliste mais ce n’est pas mon histoire à 100 %.

F.-A. : Aimez-vous parler d’amour dans vos films ?

S.M. : Oui. J’aime l’amour et tout ce qui évoque l’amour parce qu’on a besoin de ça. Je pense qu’on vivrait mieux s’il y avait plus d’amour entre les gens. Il y a plusieurs formes d’amour et malgré cela, on a dû mal à l’exprimer et à sortir de soi pour aimer les autres. Les gens sont très demandeurs d’amour mais on ne leur apprend pas à aimer.

F.-A. : Votre compagnon Christophe Lambert a joué dans La Disparue de Deauville que vous avez réalisé. Comment gère-t-on la collaboration professionnelle avec celui qui partage notre vie ?

S.M. : Je pense que cela se fait très naturellement. Christophe et moi ne nous connaissions pas. C’est à l’acteur que je me suis adressé. On s’est rencontrés sur mon film, certes, mais le film était la chose principale. Pour dire les choses simplement, on a commencé notre relation bien après le film. Sur le tournage, on n’a pas le temps de faire autre chose. On travaille environ 15 heures par jour. La première chose que je fais quand j’ai du temps libre, c’est d’embrasser mes enfants ou leur téléphoner. Il y a parfois des aventures durant les tournages, mais parce qu’on vit dans un petit monde. Je ne suis pas quelqu’un qui vit des aventures. Pour commencer une histoire sérieuse, un tournage n’est pas l’endroit idéal !

F.-A. : Mais à l’époque, on a plus parlé de votre relation et moins du film. En voulez-vous à la presse d’avoir fait passer votre film au second plan ?

S.M. : C’est vrai que ça a été un petit peu maladroit. On savait qu’étant tous les deux connus, on n’allait pas y échapper. Malheureusement, c’est arrivé en même temps que la sortie du film. Ce n’est pas nous qui avons mélangé les choses, c’est la presse, parce qu’elle se fiche que je sorte un film ou pas. Je ne suis pas une personne qui étale sa vie dans la presse. Je n’ai rien à cacher, mais je n’ai rien à montrer non plus. Je suis une personne publique et il m’est très difficile de cacher le nombre d’enfants que j’ai ou l’identité de mon compagnon. Depuis l’âge de 13 ans, je suis à la Une des journaux et ce n’est pas possible de faire de ma vie un mystère. C’est arrivé en même temps que la sortie du film. C’est emm… ! C’est le prix de la gloire, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise.

F.-A. : Quel genre d’amoureuse êtes-vous ?

S.M. : Il faudrait demander à mes amoureux (rires). Je peux être très douce et très dure. J’ai toujours besoin de mon espace et de mon indépendance mais en même temps, je peux tout à fait m’isoler avec la personne que j’aime jusqu’à la fin de mes jours. Je peux être exclusive. J’ai peu d’amis et je ne les vois pas forcément beaucoup, car j’ai une vie professionnelle remplie. À part mes enfants et mon amoureux, il n’y a rien d’autre qui compte. C’est avec lui que je veux partager. J’adore les couples qui font les choses ensemble.

F.-A. : N’avez-vous pas peur d’être trop fusionnelle ?

S.M. : Non. Les gens avec qui je vis disent bizarrement que je suis trop indépendante. Je ne colle pas tout le temps à la personne que j’aime. J’aime bien l’idée d’être deux seuls au monde. Ça me va très bien !

F.-A .: Quels sont les liens avec les États-Unis ?

S.M. : C’est une relation lointaine. Ma fille est à moitié américaine, donc j’ai quand même ce lien-là. Mais je n’en ai pas plus qu’avec un autre pays.

F.-A. : Vous avez joué dans Braveheart aux côtés de Mel Gilson et vous étiez la James Bond Girl dans Le monde ne suffit pas. Quel souvenir gardez-vous de cette carrière américaine ?

S.M. : Ce n’est pas du tout une carrière américaine. Ce sont des films qui font partie de ma carrière. J’ai joué dans des productions polonaises, anglaises ou encore italiennes. J’ai l’impression d’avoir une carrière internationale. J’ai de la chance, car ce sont des films qui se sont exportés dans le monde entier.

F-A. : Aimeriez-vous de nouveau tourner dans des grosses productions hollywoodiennes ?

S.M. : Non.

F.-A. : Que vous inspire l’Amérique d’aujourd’hui ?

S.M : Elle m’inspire tout et son contraire. Dans ce grand pays, on ne peut pas faire de généralité. Nous sommes latins donc plus philosophes. Les Américains sont plus pragmatiques. Là-bas, ce que je perçois me laisse un peu perplexe et froide. J’ai l’impression que la relation entre les gens et le rapport à soi-même repose sur la performance et le dépassement de soi-même.

Infos pratiques
Focus on French Cinema
Vendredi 3 avril -19h15

LOL (laughing out loud) de Lisa Azuelos, avec Jocelyn Quivrin , Alexandre Astier et Christa Theret.
Samedi 4 avril -17h00

Les Femmes de l’ombre de Jean-Paul Salomé avec Sophie Marceau.
Pour le programme complet, réservations et directions.
www.focusonfrenchcinema.com

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