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Sortie de crise après 11 jours de grève des agents de sûreté dans les aéroports

Après onze jours de grève, un accord de sortie de crise a été signéa ujourd’hui dans le conflit des agents de sûreté des aéroports, qui s’apprêtent à reprendre le travail avec amertume, le patronat n’ayant satisfait qu’une partie de leurs revendications salariales.

Les fédérations FO, CFTC, CFDT et Unsa du secteur ont signé l’accord, selon les responsables syndicaux. La CGT, non signataire, a fait savoir qu’elle allait “consulter ses bases”. “Je suis déçu. L’accord n’est pas complet. On parlait de salaires, et on se retrouve avec une prime”, réagit Karim Mehadji, agent de sûreté depuis neuf ans.

“C’est mieux que rien. On a quand même obtenu quelque chose. On va retourner à nos postes la tête haute”, commente Sébastien Ari (FO), alors que son collègue Andouani Altas regrette que “le combat populaire” du début soit devenu “un combat politique”, avec l’intervention des forces de l’ordre. Après des jours de négociations infructueuses, et sous la pression du gouvernement qui a recouru aux forces de l’ordre pour assurer les contrôles, la question financière avait finalement était discutée vendredi.

Prime annuelle de 1 000 euros

Le Syndicat des entreprises de sûreté aérienne et aéroportuaire (Sesa, patronat), a finalement consenti à porter à un mois de salaire le montant de la prime annuelle, soit 1 000 euros. Les agents réclamaient une hausse de 200 euros de leur salaire mensuel, qui se situe entre 1 100 et 1 600 euros. Sur ces 1 000 euros, 750 sont garantis et 250 soumis à performance, mais l’expérience prouve que la probabilité d’obtention est de 80%, détaille le président du Sesa, Patrick Thouverez.

Ce protocole “permet aux agents de sûreté de bénéficier d’une prime annuelle de 1 000 euros, d’une négociation qui débutera en janvier sur l’amélioration des conditions de travail” (visibilité sur les plannings, accès aux infrastructures collectives, etc…) et de la sécurité de l’emploi pour les salariés en cas de changement de prestataire, assure-t-il.

“Nous avons pris nos responsabilités, nous avons signé cet accord suite à la demande de très nombreux salariés qui souhaitaient sortir du conflit”, déclare Erik Biro, secrétaire général de l’Unsa-FMPS. “Nous leur demandons maintenant de reprendre le travail. Grâce à cet accord, nous avons fortement limité la casse, même s’il n’a pas atteint les objectifs par rapport à nos revendications initiales”, poursuit-il.

Critiques devant la mobilisation de la police

Les entreprises d’agents de sûreté emploient plus de 10 000 salariés, dont plus de 5 200 à Paris. Elles sont des prestataires des aéroports et de compagnies aériennes pour le contrôle des passagers. Cette mission de service public était assumée jusqu’en 1996 par la police. Depuis le début du mouvement le 16 décembre, la grève avait dans un premier temps provoqué des annulations de vols à Lyon, avant de n’entraîner que des retards avant l’embaraquement. Malgré le faible impact sur le trafic, le gouvernement avait mobilisé jeudi des effectifs de la Police aux frontières et de la Gendarmerie des transports aériens à Roissy pour remplacer les grévistes, invoquant la proximité de Noël et la sécurité.

Cette décision avait suscité de vives critiques politiques et syndicales, plusieurs confédérations criant à l’atteinte au droit de grève. Le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), saisi en référé par la CFDT, avait toutefois rejeté vendredi la requête du syndicat et estimé que cette mesure ne constituait “pas une atteinte au droit de grève”. Le conflit a par ailleurs relancé la débat sur l’encadrement du droit de grève dans l’aérien et une proposition de loi UMP reprenant le dispositif prévu dans les transports terrestres sera examinée en janvier.

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